GiRALDUs Cambrensis, Topofjv. Hlbern.; III
2. Oitte, ou tragédie de la mort de Connor Mac Nessa , ap. OCuRRY. Lectures on the manuscript materiaîs ofirish history. Dublin, 1801, p. 277. — Ce savant anteur fait remonter au sixième siècle la Vita tripartita, publiée par Colgan, qui a servi de base à tous les récits sur la vie de Patrice; et, d'accord avec le D"" Pétrie,
L'histoire et la légende se sont emparées à l'envi de la vie de Patrice.
Dans sa légende rien n'est plus poétique que la rencontre de l'apôtre gallo-romain avec les bardes irlandais qui formaient une caste héréditaire et sacerdotale. C'est parmi eux qu'il recrute ses plus fidèles disci])les : c'est Ossian lui-même, c'est l'Homère aveugle de l'Irlande, qui se laisse convertir par lui, et à qui il permet à son tour de lui chanter la longue épopée des rois et des héros celtiques '. L'accord ne s'établit pas entre eux sans être précédé de quelques orages : Patrice menaçait de l'enfer les guerriers trop profanes dont Ossian vantait la gloire, et le barde répliquait à l'apôtre : « Si ton Dieu, à (( toi, était en enfer, mes héros Ten retireraient. » Mais la vérilé triomphante amena la paix entre la poésie et la foi. Les monastères fondés par Patrice devinrent l'asile et le foyer de la poésie celtique. Une fois bénis et transformés, dit un vieil auteur, les chants des bardes devenaient si beaux que les anges de Dieu se penchaient au bord du ciel pour les écouter-; et l'on s'explique ainsi pourquoi la harpe des bardes est restée le symbole et le blason
il croit que l'on possède encore à Dublin l'Évangéliaire dont se servait le saint missionnaire. Op. cit., p. 321, 327, 345.