La ViLi.EMARQLt;, Légende celtique, p
478 CONVERSION DE LÏRLANDE.
de rirlando catholique en même temps que Tiustrmiient national des Irlandais; pourquoi aussi les vieilles mélodies irlandaises, rajeunies par la muse plaintive et indignée d'un poète patriote, conservent encore un prestige sympathique et ne peuvent guère être évoquées sans qu'une larme secrète vienne mouiller la paupière des prêtres, des paysans et des amis de l'Irlande.
Dans l'histoire de Patrice, rien n'est mieux constaté que son zèle pour préserver le pays où il avait lui-même subi l'esclavage des abus de la servitude et surtout des incursions de ces pirates, Bretons, Pietés et Scots, voleurs et marchands d'hommes, qui arrivaient de cette même île voisine oii l'apôtre avait trouvé de si zélés collaboratem^s, et faisaient de l'Irlande une sorte de haras où ils recrutaient leur bétail humain. Dans ce qu'il nous reste de lui, rien n'est plus authentique que son éloquente protestation contre le roi d'une horde bretonne qui, débarquant au milieu d'une peuplade baptisée de la veille, en avait massacré plusieurs, et enlevé les autres pour les vendre au loin, ce Moi, Patrice, pécheur ignorant, mais constitué évêque en Hibernie, réfugié parmi les nations barbares, à cause de mon amour pour Dieu, j'écris de ma main ces lettres pour être transmises aux soldats du tyran, je ne dis pas à mes concitoyens ni aux concitoyens
des saillis de Rome, mais aux compatriotes du diable, aux apostats scots et pietés qui vivent dans la mort et qui viennent s'engraisser du sang des chrétiens innocents que j'ai enfantés à mon Dieu... La miséricorde divine que j'aime ne m'ol:)lige-t-elle pas à en agir ainsi, pour défendre ceux-là mêmes qui naguère m'ont fait moi-même captif et qui ont massacré les serviteurs et les servantes de mou père'? » Ailleurs il vante l'intrépidité des jeunes esclaves qu'il avait converties, et qui défendaient, contre des maîtres indignes, leur pudeur et leur foi avec l'héroïque chasteté quia toujours été l'apanage des filles de l'Irlande ^
La traite des hommes et des femmes se pratiquait alors chez toutes les nations celtiques comme au siècle dernier sur la côte d'Afrique, et, il finit bien le dire, comme au plus beau temps de l'antiquité grecque et romaine. Chez elles l'esclavage et le commerce des esclaves furent bien autrement difficiles à déraciner que le paganisme. Et cependant la foi chrétienne était éclose en Irlande sous Tégide de deux esclaves. Au nom d(^ Patrice s'associe par un lien éternel celui de Brigitte (467-525), fille,
1, Epistola adChristianosCorolici tyrannî subdUo!i,di\). Rol- LVND., d. 17 Mart., p. 538. — Ailleurs il dit : « Ibi veiiunidali iii^cnui homines Chtisliaiii in servitulem redacti suiit, praescitim iiuligiiissimoruni, pessimoruinque atque aposlatarum Piclormn. »