Voir tome I, pages
montagnes et venaient ombrager le cours des eaux rapides et pures du Doubs, du Dessoubre et de la Loue. Les invasions des barbares, celle d'Attila surtout, avaient réduit en cendres les villes romaines, anéanti toute culture et toute population. La végétation et les bêtes fauves avaient repris possession de cette solitude, qu'il était réservé aux disciples de Golomban et de Benoît de transformer en champs et en pâturages'.
Les disciples affluaient autour du colonisateur irlandais. Bientôt il en compta plusieurs centaines dans les trois monastères qu'il avait successivement construits- et qu'il gouvernait à la fois. Les nobles francs et bourguignons, dominés par le [spectacle de ces grandeurs du travail et de la prière, lui amenaient leurs fils, lui prodiguaient leurs donations, et souvent venaient lui demander de couper leur longue chevelure, insigne de noblesse et de liberté, et de les admettre eux-mêmes dans les rangs de son armée ^ Le travail et la prière y avaient pris , sous la forte main de Golomban , des proportions inouïes jusqu'alors. La foule des
1. JoNAs, c. 12. — Voir l'excellente description du Jura et de ses défrichements monastiques dans l'Histoire des grandes forêts de la Gaule, par Alfred Maury, p. 181.
2. Annegray,Luxeiiilet Fontaines.— Le biographe de saint Valéry donne le chiffre de deux cent vingt; d'autres auteurs disent six cents.