Voir plus haut, page
2. Cogitatio in mentemruit, ul Venetioruin,quiet Sclavi dicuntur, termines adiret. . . Cernis quod maneat tolus orbis descriptus ? Jonas, c. 56. — On trouve encore de ces ^ endes en Styrie et en Carinthie.
MOINES DOCC, II. 30
l)ert, toujours en guerre avec son frère le roi de Bourgogne. Éclairé parmi pressentiment et inspiré parla reconnaissance qu'il devait à ce jeune prince, il lui conseilla de céder et de se réfugier dans le giron de FEglise en se faisant moine, au lieu de risquer à la fois son royaume et son salut. Théodebert avait du reste grand besoin d'expier ses péchés : très débauché, comme tous les Mérovingiens, il venait, afin de pouvoir prendre une autre femme, de faire tuer la reine Bilichilde, jeune esclave que sa grand'mère Brunehaut lui avait fait épouser dans son adolescence. Le conseil de Colomban fit rire le roi et tous les Francs qui l'entouraient : (( Jamais », disaient-ils, « on n'a entendu (( dire qu'un roi mérovingien soit devenu moine de (( son plein gré. — Eh bien! » dit Golomban au milieu de leurs exécrations, « puisqu'il ne veut pas (( l'être de plein gré, il le sera de force ^ ». Gela dit, le saint regagne sa cellule au bord du lac de Constance. Bientôt il y apprend que son persécuteur Thierry a envahi de nouveau les États de son protecteur Théodebert, l'a mis en déroute et poursuivi jusqu'aux portes de Cologne. La bataille
1. JoNAs, c. 57. — Cela rappelle le mot de Childeberl, cité par Grégoire de Tours : Est-ce que jamais Mérovingien a été tondu? et le fameux mot deClotide sur ses petits-fils, Mieux vaut qu''ils soient morts que tondus. — Voir livre précédent, p. 304, note 1.
DE SAINT COLOMBAN. o31
décisive entre les deux frères se livra dans les champs de Tolbiac, où leur trisaïeul Clovis avait fondé par la victoire la royauté chrétienne des Francs*. Théodebert fut vaincu et pris : Thierry l'envoya à l'implacable Brunehaut, qui l'avait depuis longtemps renié pour son petit-fils, et qui, encore outrée de son expulsion du royaume d'Austrasie, lui fit raser la tête, puis le fit revêtir de l'habit monastique, et peu après mettre à mort.
A r heure même où se livrait cette seconde bataille de Tolbiac, Golomban errait dans un bois voisin de sa retraite avec son disciple favori Gagnoald, jeune et noble Franc, fils d'un des principaux tendes de Théodebert, qu'il avait ennnené avec lui des environs de Meaux. Connue il lisait, assis sur le tronc d'un vieux chêne pourri, il s'endormit et vit en songe les deux frères qui eu venaient aux mains. A son réveil, il raconta sa vision à son compagnon en soupirant sur tout ce sangrépandu. Le fils du ministre de Théodebert lui dit : (( Mais, cher père, donnez donc Je secours de vos (( prières à Théodebert, afin qu'il l'emporte sur « Thierry, votre ennemi commun. » Golomban lui répondit : « Tu me donnes un conseil insensé ; ce