Henri Martin, II
(( n'est pas là ce que veut Notre-Seigneur, qui nous
« a commandé de prier pour nos ennemis ^ . »
Cependant FAustrasie tout entière était tombée, par la mort de Tliéodebert, entre les mains de Bruneliaut et de Thierry, et les bords du Rhin supérieur, où leur victime avait trouvé un refuge, dépendaient du royaume austrasien. En outre, les J habitants des environs de Bregentz, toujours irrités de la destruction violente de leurs idoles, se plaignaient au duc de la province que ces étrangers effarouchaient le gibier de la chasse royale en infestant les forêts de leur présence. On leur volait leurs vaches. On alla même jusqu'à tuer deux des religieux dans une embuscade. Il fallait partir. Golomban dit : « Nous avons trouvé une coupe t( d'or, mais elle est pleine de serpents. Le Dieu (( que nous servons nous conduira ailleurs » . Il voulait depuis longtemps passer en Itahe, et comptait trouver bon accueil auprès du roi des Lombards. Au moment du départ, le fougueux Gall, pris de la fièvre, demanda à rester. Golomban fut irrité de cette mollesse : « Ah ! mon frère, » dit-il, « te voilà « donc déjà dégoûté des travaux que je t'ai fait (( endurer? Mais, puisque tu veux te séparer de (( moi, je te défends tant que je vivrai de dire la