‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 240 sur 274 · JONAS, C · texte numérisé non relu

JONAS, C

(( messe ' ». Le pauvre Gall ne méritait pas ces reproches : il ne restait en Helvétie, comme on le verra, que pour redoubler de zèle dans ses travaux apostoliques et y fonder l'un des plus célèbres monastères de la chrétienté.

Golomban ne garde avec lui qu'un seul disciple, Attale, et n'en poursuit pas moins son voyage à travers les Alpes. Quand on se représente les fatigues et les dangers d'un pareil trajet, à l'époque où vivait Golomban, on se figure que c'est le souvenir de cette course qui lui a inspiré ce début d'une des instructions adressées à ses moines, où l'infatigable voyageur compare la vie à un voyage :

(( 0 vie mortelle! combien tu en as trompé, séduit, aveuglé ! Tu fuis et tu n'es rien ; tu apparais et tu n'es qu'une ombre; tu montes et tu n'es qu'une fumée; tu fuis chaque jour et chaque jour tu viens ; tu fuis en venant et tu viens en fuyant , semblable au point de départ, différente au terme; douce aux insensés, amère aux sages : ceux qui t'aiment ne te connaissent pas, et ceux-là seuls te connaissent qui te méprisent. Qu'es-tu donc, o vie humaine? Tu es la voie des mortels et non leur vie; tu commences au péché et tu finis à la mort. Tu es donc la voie de la vie et non la vie. Tu n'es

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