‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 254 sur 274 · Tkouillvt, op. cil., j · texte numérisé non relu

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mais sans pouvoir l'empêcher de rechercher de nouveau la vie monastique. Seulement il réussit à le fixer dans son diocèse , grâce à la nmnificence du maire du palais Erchinoald, qui abandonna à son cousin , non loin de la Seine , un grand domaine inculte et où l'on voyait encore, sous les ronces et leshalliers, les ruines d'une ancienne ville détruite de fond en comble lors de l'inAasion franque.

Colonies de ]>u\euil sur la Seine.

Mais le temps des ruines était passé : l'heure de la renaissance et de la réparation avait sonné. Sur cet emplacement désert Vandrégisile construisit Tabaye de Fontenelle (648) , destinée à occuper, sous son propre nom de Saint- Yandrille, une place si importante dans l'histoire ecclésiastique de France et de Normandie. La sainte reine Bathilde, son fils le roi Glovis II et plusieurs nobles Neustriens ajoutèrent de riches donations à celle du maire Erchinoald, tandis que d'autres, en grand nombre, vinrent mener sous son autorité la vie cénobitique. Il lui fallut bâtir jusqu'à quatre éghses, au miheu de leurs cellules, pour subvenir aux exigences de leur dévotion. Il s'attachait surtout , dans l'obser-

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A^ation de la règle, à leiii' imposer, avec l'exercice du travail manuel , la renonciation absolue à toute propriété particulière , c'est-à-dire précisément ce qni devait froisser les penchants les plus prononcés chez des fils de guerriers et de riches. Et on le voyait avec admiration, dit l'hagiographe, apprendre à ceux qui naguère s'emparaient du bien d'autrui Fart de sacrifier leui-s propres biens. A l'aide de leurs bras, il planta sur un coteau voisin et bien exposé la première vigne qu'ait connue la Normandie^ .

Sa tâche ne fui pas toujours sans danger : un jour qu'il était au travail avec sa pieuse cohorte, le gardien de la forêt royale, dont une partie leur avait été donnée , fm*ieux de voir ainsi sa charge amoindrie, s'approcha de l'abbé pour le percer de sa lance; mais, comme il est arrivé tant de fois, au moment de frapper, son bras demeure paralysé, l'arme lui échappe des mains, et il reste comme ])Ossédé jusqu'à ce que la prière du saint dont il vonlait faire sa victime le rende à la sautée Les

1. Ansbertus...hortatu viri Dei B. Wandregisili vineain plautare et excolere cœpit. VUaS. Ansberli.c. 1. — Nous parlerons plus loin de cet Ansberl, qui fut moine à Fontenelle, après avoir été l'un des principaux officiers de la cour de Dagobert. Vandrégisile avait construit au sommet de cette vigne une cinquième église, dédiée à saint Saturnin, qui, reconstruite vers 1030, passe pour le plus ancien édilice du diocèse de Kouen et l'un des plus curieux de la Normandie.

2. I.a chapelle de N.-D. de Caillonville, élevée sur le site de cet

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forestiers royaux tendirent naturellement à transformer en domaines personnels les forêts commises à leur garde , et qui ne servaient aux rois que pour y chasser de temps à autre. De là leur animosité , que nous aurons sou^'ent à constater, contre les donataires étrangers qui venaient s'y établir.

Vandrégisile ne borna pas, du reste, son activité à la fondation et au gouvernement de son abbaye. Fontenelle était situé dans le pays de Gaux, c'està-dire chez les Calètes, qui s'étaient signalés par l'énergie de leur résistance à César, et qui avaient figuré avec les autres peuplades de la Gaule belgique dans la dernière prise d'armes contre le proconsul, même après la chute d'Alise et de l'héroïque Vercingétorix *. Or, tout le pays de Gaux n'était alors chrétien que de nom : les habitants étaient retombés dans une barbarie complète et brutale. L'abbé de Fontenelle en parcoui*ut toutes les contrées, prêcha partout l'Evangile, obtint la destruction des idoles que les pasyans s'obstinaient à vénérer, et transforma à un tel point cette contrée

incident, existait encore du temps de Mabillon. — Elle a été démolie depuis la Révolution par un nommé Lhérondel. On y voit encore une fontaine, visitée tous les ans par un grand nombre de pèlerins : au fond de la cuve dallée se trouve, gravée en creux, une image grossière de sainte Radegonde.

1. De Bello Gallico, liv. vin, c. 7. Orose, 1. vi, c. 7 et 11.

que les gens du peuple ne rencontraient plus un prêtre ou un moine sans se prosterner devant lui comme dev ant l'image dii Christ ' .

En mourant, Vandrégisile laissa trois cents moines dans son monastère et une mémoire tellement populaire que, quatre siècles après sa mort, son nom était encore célébré par la postérité reconnaissante dans des chants rimes traduits du latin en langue vulgaire^. Dans une des chapelles de cette abbaye qui attirait et charmait les regards de tous ceux qui

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