‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 27 sur 274 · Cap · texte numérisé non relu

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et la création de la propriété collective par le renoncement à tout bien propre. L'abnégation de la volonté personnelle entraine naturellement celle de la propriété individuelle. Tout le monastère doit être collectif, la fortune comme le travail, les intérêts comme les devoirs. Aussi la règle dénonce l'idée de la propriété personnelle comme le vice le plus essentiel à extirper de la communauté. Il fallait donc, en devenant moine, renoncer publiquement et irrévocablement à tous ses biens, au profit soit de sa famille, soit des pauvres ou du monastère lui-même; ne se réserver rien, ne rien posséder en propre, absolument rien, pas même des tablettes ou un stylet pour écrire, mais tout recevoir de Fabbé, à titre d'usage seulement ' .

Une institution dont le célibat était implicitement la base fondamentale pouvait seule comporter une discipline si contraire à la nature humaine. Mais là môme où l'iiomme en renonçant au mariage, se délivre de toute sollicitude pour sa vie, il peut demeurer lui-même l'objet de la tendresse trop molle de ses parents et amis. Benoit connaissait trop les liabitudes de la noblesse dont il sortait, ainsi que ses principaux disciples, pour n'avoir pas redoublé de précautions contre les tentatives que feraient les

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