‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 29 sur 274 · Cap · texte numérisé non relu

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MOIJÎES d'oCC.

Loin de les encourager, Benoît prescrit de les laisser là pendant quatre ou cinq jours, sans leur ouvrir, afin d'éprouver leur persévérance par cette^ injure. S'ils persistant, on les introduit dans l'appartement des hôtes, et de là, au bout de quelques jours, dans le Noviciat. Ici le novice est confié à un ancien religieux, expert dans l'art de gagner les âmes, qui est chargé d'étudier curieusement sa vocation et son caractère, et de lui prédire les dégoûts, les difficultés, les humiliations qu'il rencontrera dans l'âpre voie de l'obéissance. Si après deux mois il promet de persister, on lui lit la règle tout entière, et on termine la lectm^e par ces mots : (( Voilà la loi sous laquelle tu veux combattre : si tu peux l'observer, entre; si tu ne le peux pas, pars en liberté M » Trois fois, pendant le cornas d'une année entière de noviciat, on renouvelle cette épreuve. L'année expirée, si le novice persévère, il est averti que désormais il ne sera plus en droit de quitter le monastère et de secouer le joug de la règle qu'il n'a acceptée qu'après une si mûre délibération. On lui signifie qu'il va perdre la faculté

1. Ecce lex sub qiia militare vis : si potes observare, ingrede; si vero non potes, liber tliscede. Cap. 58. — Les chapitres 60 et 61 indiquent les précautions à prendre pour la réception des prêtres ou des religieux qui se présentaient pour être reçus, en quittant leur ancien monastère, La règle défend de les recevoir sans le consentement de l'abbé du monastère qu'ils quittent.

(le disposer de lui-même ' . Introduit dans l'oratoire devant toute la communauté, il y promet, devant Dieu et ses saints, la stabilité ou le perpétuel séjour, et, en outre, la réforme de ses mœurs et l'obéissance, sous peine de danmation éternelle. Il en fait la cédule écrite de sa main et la dépose sur l'autel, puis se prosterne aux pieds de chacun des frères en leur demandant de prier pour lui. A partir de ce jour il est réputé membre de la communauté.

Presque tous les anciens moines avaient admis une sorte de noviciat, et divers vœux plus ou moins formels. Mais rien n'avait encore été formulé avant cette sage et imposante solennité. On avait même souvent regardé la profession comme reconnue par le seul fait de la prise de l'habit monastique, et on en trouve encore des exemples, même après saint Benoît". Mais le vœu de stabilité imposé par le nouveau législateur, et qu'aucune règle antérieure n'avait prescrit , fut une innovation aussi heureuse que féconde, et devint Tune des princi-

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