‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 30 sur 274 · Cap · texte numérisé non relu

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2. C'était ce qu on a\^\)e\si[tpro fesslo taciia. Nous verrons plus loin l'exemple de Frideburge, la fiancée du roi Sigebert, dans la vie de saint Gall; celui du roi Wamba, en Espagne, et celui des religieuses anglaises, cité par saint Anselme, lib. m, epist. 157. — La profession tacite'à existé dans certains cas pour les hommes jusqu'au décret du 19 mars 1857; elle est admise encore aujourd'hui pour les femmes.

pales garanties d'avenir et de force pour la vie cénobitique'. D'ailleurs, aucune contrainte matérielle ou légale ne venait alors enchaîner le religieux à son vœu : on gardait même avec soin ses vêtements séculiers pour les lui rendre , si par malheur il voulait quitter le monastère.

Maintenant que nous connaissons l'esprit général et les bases fondamentales de la règle de saint Benoît, il nous sera permis de passer rapidement sur les détails. Les soixante-treize chapitres dont elle se compose se subdivisent ainsi qu'il suit : neuf roulent sur les devoirs généraux de Fabbé et des religieux; treize sur le culte et les offices divins; vingt-neuf sur la discipline, les fautes et les peines ; dix sur l'administration intérieure du monastère ; douze sur divers sujets, tels que la réception des hôtes, la conduite des frères en voyage, etc.

Treize cents ans se sont écoulés depuis que la

1. On s'étonnera peut-être de ne pas voir figurer ensemble, dans la règle de saint Benoît, les trois vœux que l'on regarde comme l'essence de la vie monastique, ceux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance ; mais s'il n'y est question que de ce dernier, du vœu d'obéissance, c'estque les deux autres étaient impliquésessentiellement dans la condition même du moine par tous les canons antérieurs de l'Église relatifsà l'institut monastique. Or saint Benoît prétendait seulement régler cet institut, et non pas le créer. On était astreint à la continence et à la pauvreté, c'est-à-dire à ne rien posséder en propre, par cela seul qu'on devenait moine, comme on devient incapable de se marier par cela seul qu'on est ordonné sous-diacre, sans prendre à ce sujet aucun engagement verbal.

RÈGLE DE SAIiNT BEiNOIT. 6:>

main de Benoît a tracé tous ces règlements minutieux, et l'on n'a rien trouvé de plus propre à affermir l'esprit religieux et la vie commune. Les réformes les plus admirées et les plus fécondes n'ont guère eu d'autre but que de ramener le cierge régulier à l'exacte observance d'un code dont le temps n'a fait que confirmer la sagesse et accroîtn^ l'autorité.

Entre tous ces détails de la règle, il faut remarquer surtout le soin scrupuleux que met le législateur à imposer aux religieux la célébration exacte des offices divins, conformément aux traditions liturgiques de l'Église romaine. Ils doivent vaquer à la, prière chantée en commun à haute voix, d'abord la nuit, aux vigiles, qui commençaient vers deux heures et duraient jusqu'à l'aube; puis six fois pendant le jour : à prime, tierce, sexte, none, vêpres et compiles. Les cent cinquante psaumes de David sont répartis entre sept offices, de telle manière que l'on doive chaque semaine avoir chanté le psautier tout entier ; et cette prière en commun ne doit pas éloigner de l'oraisoii mentale qu'il veut du reste courte et pure'.

Puis viennent ces belles règles de sobriété, comme parle Bossuet, qui utent à la nature tout le

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