BossuET, Panégyrique de saint Benoit
iO VIE DE SAINT BENOIT,
tombeau. Des pâtres qui l'y découvreut un jour le prennent d'abord pour une bête fauve; mais à ses discours et aux efforts qu'il fait pour instiller dans leurs âmes grossières la grâce de la piété, ils reconnaissent en lui un serviteur de Dieu'. Les tentations ne lui manquent pas. L'appât de la volupté parle si haut à ses sens révoltés, qu'il est au moment de quitter sa ret|^aite pour courir après une femme dont la beauté l'avait autrefois saisi, et dont le souvenir le persécute sans cesse. Or, il y avait auprès de sa grotte un massif de ronces et d'épines : il ôte la peau de bête qui lui servait de vêtement, et s'y roule à nu, jusqu'à ce que son corps ne soit plus qu'une plaie, mais aussi jusqu'à ce qu'il ait éteint pour jamais le feu intérieur qui l'enflammait jusque dans le désert".
Sept siècles plus tard, un autre saint, père de la plus nombreuse famille religieuse que- l'Eglise ait produite après celle de saint Benoît, saint François d'Assise, a int visiter ce site sauvage et digne de rivaliser avec l'âpre rocher de la Toscane où lui furent imprimés les stigmates de la Passion^ Il se prosterna devant le buisson d'épines qui avait servi de lit triomphal à la mâle vertu du patriarche des