‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 77 sur 274 · Epist., VII, 5. Cf. X, 33; xi · texte numérisé non relu

Epist., VII, 5. Cf. X, 33; xi

148 RELATIONS DE SAINT GRÉGOIKE LE GRAND sade bourguignonne avait encore pour but cFobtenir du pape la confirmation de deux monastères et d'un hôpital que Brunehaut venait de fonder à Autun^ . Ce fut alors que, sur la demande expresse de la royauté franque, Grégoire rendit ce fameux diplôme où pour la première fois la subordination directe du pouvoir temporel au pouvoir spirituel est nettement formulée et reconnue. L'inviolabilité des personnes et des propriétés et la liberté électorale des trois nouvelles communautés monastiques d'Autun sont placées sous la sauvegarde de l'autorité papale et d'une pénalité qui est ainsi formulée : « Si quelce qu'un des rois , des prêtres , des juges ou autres c( personnes séculières, ayant connaissance de cette (( constitution, ose y contrevenir, qu'il soit privé de « la dignité de sa puissance et de son honneur, et (f qu'il sache qu'il s'est rendu coupable au tribunal (( de Dieu. Et s'il ne restitue ce qu'il aura mé- (( chamment enlevé, ou ne déplore par une digne (( pénitence ce qu'il aura fait d'illicite , qu'il soit (( éloigné du très saint corps et sang de notre Dieu (( et Sauveur et qu'il demeure assujetti dans le ju- (( gement éternel à une vengeance sévère". »

1. L'un de filles, dédié à Notre-Dame et à saint Jean; l'antre d'hommes, dédié à saint Martin; l'hôpital en l'honneur de saint Andoche était aussi un monastère religieux.

2. Si quis vero regum, sacerdotum, judicum personaruraque secu-

AVEC LES FRANCS ET LES BURGONDES. 149 Ainsi commençait à s'écrire, par la main de rÉglise, mais avec le consentement de la royauté élective et limitée des races conquérantes , le nouveau droit de l'Occident , celui que , cinq siècles après le moine Grégoire P'", devaient invoquer et appliquer dans toute son étendue le moine Grégoire VU et ses successeurs. Rien ne peint mieux d'ailleurs la différence des sentiments et de l'attitude de la papauté envers les rois des peuples germaniques et les empereurs byzantins, que le contraste entre ce diplôme et l'obéissance presque passive dont saint

larium hanc conslitiilionis nostrae paginani agnoscens , contra eani venire tentaverit, potestatishonorisquesui dignitale careat, reumque se divino judicio de perpetrata iniquitate cognoscat. Et nisL vel ea qiiee ab illo maie ablata sunt restiluerit, vel digna pœnitentiaillicilo acta dedeverit, a sacratissimo corpore ac sanguine Dei et Domini nostri redemploris J.C. aliénas fiât, atque in eeterno examine districtae ultioni subjaceat. Epist., xiii, 8, 9 et 10. — Oudin et Launoy ont contesté l'authenticité de cette clause, mais elle a été mise hors de doute par Mabillon et les éditeurs bénédictins de saint Grégoire le Grand. Il y a trois diplômes identiques pour les trois monastères. Yèpes en donne un quatrième semblable pour le fond en faveur du monastère de Saint-Médardà Soissons; mais on s'accorde à le regarder comme faux. Ajoutons que plusieurs érudits modernes, dont l'orthodoxie ne saurait être soupçonnée, tels que le 11. P. Rémi de Buck, Bollandiste, et Mgr Chaillot, fondateur des Analccla Juris Poniificii, n'hésitent pas à croire qu'on a mal lu les anciens manuscrits avec leurs abréviations, et qu'il y avait non pas regum, mais epûm pour episcoporum .-ils se demandent comment on peut expliquer l'omission de toute mention des évêques , plus naturellement portésqued'autresàtransgresser le privilège pontifical. On peut leur répondre que le terme de sacerdos, sacerdotium, était très souvent employé pour évêque, épiscopat, chez les écrivains contemporains de saint Grégoire, et notamment par Giégoire de Tours.

J50 RELATIONS DE SAINT GRÉGOIRE AVEC LES FRANCS. Grégoire fail profession même dans ses protestations les plus vives contre certains actes de la cour impériale. Rien anssi n'est plus propre à démentir la distinction chimériqne qn'il paraît établir dans sa lettre à Pliocas entre les empereurs romains et les rois barbares.

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