‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 88 sur 274 · Epist.. XI · texte numérisé non relu

Epist.. XI

d72 SAINT GRÉGOIRE LE GRAND

un mépris de la grammaire et une barbarie de langage qu'on ne retrouve nulle part dans ses écrits. Il n'écrivait certes pas le latin de Cicéron ou même de Tacite; mais il a contribué, comme saint Augustin et saint Léon, à former le nouveau latin, le latin chrétien, destiné à devenir cette langue de la chaire et de l'école dont sont sorties nos langues modernes'.

On ne s'attend pas sans doute à nous voir examiner, même en passant, les écrits de saint Grégoire le Grand. Ils sont pour beaucoup dans ce surnom : c'est assez dire qu'ils sont à la hauteur de sa gloire et qu'ils ont grandement contribué à l'heureuse influence de son génie sur les destinées de l'Église.

Dans un siècle où tout semblait s'écrouler et où il fallait lutter, non plus seulement contre les arguties de Fhérésie, mais surtout contre l'épuisement des courages , le désespoir des vaincus et le sau^ vage orgueil des conquérants, il s'est moins préoccupé des besoins de l'intelligence que de relever et de purifier la volonté humaine. Plusieurs parmi les Pères de l'Église l'ont surpassé par le feu, par l'éloquence : la sienne est tempérée plutôt que sublime ; mais aussi elle est moins dominée que chez les autres Pères par les habitudes d'une rhétorique

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