‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 90 sur 274 · Moral, 1. XX, c · texte numérisé non relu

Moral, 1. XX, c

ne SAINT GRÉGOIRE LE GRAND

croyait pas fait pour servir à l'instruction du peuple chrétien, et s'affligea de ce que, de son vivant déjà, un évêque en eût fait lecture en public. « Tant que je serai en vie, je ne veux pas que, si « j'ai réussi à dire quelque chose de bien , les « hommes en aient connaissanceV » Écoutons-le parler de lui-mêm^ dans une de ses pathétiques effusions qui révèlent les douleurs de ce grand cœur et les cuisantes sollicitudes de sa vie, en même temps que la nature ascétique de son éloquence : « A celui que Dieu envoie pour prêcher, le prophète donne cet avertissement : Monte sur la haute montagne, o toi qui évangélise Sion-. C'est-à-dire : que celui qui accepte la mission de prêcher s'élève au plus haut de l'âme, à la hauteur du bien; qu'il plane au-dessus des œuvres de tous ceux qui lui sont confiés , afin de juger leur vie de toute l'élévation dont il dépasse les choses terrestres qu'il contemple à ses pieds. Oh ! combien ce que je viens de dire là retombe sur moi-même! car c'est moi que je frappe en parlant ainsi, moi dont la parole est si impuissante à prêcher comme il faudrait et dont la vie ne répond pas même à la parole ! moi qui me perds si souvent en discours oiseux et qui mets tant de torpeur et de néghgence à édifier le

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