‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 106 sur 520 · Orose, Historiarum liber vi, ^^, P. L., XXXI · texte numérisé non relu

Orose, Historiarum liber vi, ^^, P. L., XXXI

d'aucune liberté. La législation sanctionnait ce droit contre nature. Le christianisme eut beau proclamer l'égalité de tous lès hommes devant Dieu et leur fraternité par le baptême^ l'esclavage n'en resta pas moins une institution avec laquelle il fallait compter. Impossible donc à un esclave de se faire religieux sans l'agrément de son maître. Le concile de Chalcédoine consacra cette coutume générale, en Interdisant au monastère de l'admettre, s'il n'avait obtenu la permission i. Cette défense était rnotivée. Car on avaitcru pouvoir en certains lieux ouvrir les portes du monastère à des candidats privés de leur liberté. Les pauvres esclaves chrétiens prenaient volontiers ce moyen de briser leurs chaînes. Déjà, du temps de saint Basile, les esclaves fugitifs frappaient à la porte des maisons religieuses. Le législateur des moines de Cappadoce s'inspire des sentiments qui animaient saint Paul, quand il recommande de les traiter charitablenient, de les exciter à la pratique de la vertu, de leur conseiller la soumission chrétienne et de les renvoyer à leurs maîtres '. Il dut s'en trouver néanmoins qui parvinrent à dissimuler leur condition. Mais une fois moines, ils avaient à prendre mille précautions pour ne pas être découverts. C'était le seul moyen d'échapper iaux traitements mérités par les fugitifs. La prudence leur conseillait de ne point mettre le pied dans les lieux où ils pourraient être reconnus. Un religieux du Sinaï eut recours à ce stratagème pour éviter une obédience qui répugnait à son humilité. Il était question de l'envoyer à Constantinople traiter une aifaire importante • « Excusezmoi pour l'amour de Dieu, dit-il ; je suis l'esclave de l'un des officiers qui approchent l'empereur de plus près. S'il vient à me reconnaître, il me fera dépouiller de mes habits et il me réduira de nouveau en servitude. » L'huniilité du saint homme lui avait fait dire un mensonge. On découvrit plus tard que, loin d'être de condition sçrvile, il appartenait à une famille très honorable ; il avait même rempli les fonctions de préfet du prétoire . Le voyage de Constantinople lui répugnait à cause des honneurs qu'il s'attendait à y recevoir 3.

Qyand l'esclave était entre les mains d'un enfant de l'EgliSe, il

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