‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 107 sur 520 · Concilium Chalcedon., can. 4. Labbe, t. IV · texte numérisé non relu

Concilium Chalcedon., can. 4. Labbe, t. IV

2. S. Basile, Reg. fus. tractât, ititer. n, P. G., XXXI, 947.

3. /Ipophtegtnata Patntm, P. G,, LXV. L'auteur du recueil he donne pas 1# nom du moine. Ce doit être saint Nil.

il6 LES MOINES D*OilIENT

pouvait aisément obtenir sa liberté. Saint Grégoire de Nazianzë signale dans son testament deux moines qui avaient d'abord fait partie de sa maison. Il les avait affranchis pour leur permettre d'embrasser la vie religieuse i. Il n'était pas rare non plus de voir uii homme de condition qui renonçait au monde, suivi par quelqu'un de ses esclaves. Le lecteur se rappelle l'exemple cité plus haut. Une règle, dont les prescriptions concordent assez bien avec leS usages de cette époque, déclare qu'après la profession il y avait, non un maître et un esclave, mais deux "frères ^ L'abbé Isaïe, qui fait un devoir à tout homme riche qui embrasse la. vie monastique d'affranchir les esclaves qu'il peut avoir, né leur, permettait point d'habiter ensemble 3.

Ceux qui s'étaient faits moines avec la permission de leur maître ne perdaient pas le souvenir de leur première condition. 11 y eh avait un, à Scété, qui allait tous les ans à Alexandrie rendre ses devoirs à la famille dont il dépendait jadis. Comme' elle était profondément chrétienne, elle le recevait avec beaucoup d'égards, se recommandait à ses prières et ne voulait accepter aucune marqué de sujétion. Mài^ lui, sans prendre garde: à leurs dénégations, lavait les pieds de ses anciens maîtres et leur donnait mille témoignages de respect et d'humilité. « Père très heureux, lui disaientils, pourquoi nous chagriner à ce point? — je suis votre esclave, répliquait-il ; le Dieu tout-puissant a voulu que vous fussiez mes maîtres, je vous remercie de ce que vous m'avez accordé la permission de servir le vrai Dieu, créateur et souverain du ciel et de la terre. Je vous apporte ma redevance annuelle. » Au refus qu'on lui opposait, il répondait simplement : « Si vous ne voulez pas la recevoir, j'ai résolu de ne plus revenir au désert. Je resterai ici pour vous servir. » Son offrande fût acceptée ; et il reprit joyeux Iç chemiii de la solitude. A des confrères qui " lui' demandaient pourquoi ilagissait ainsi, il donna la raison suivante: «J'espère m'assurer par ce moyen la pleine possession des mérites que j'acquiers par mes oraisons et mes pénitences. Si je ne payais pas cette redevance annuelle à ceux qui m'ont permis d'embrasser " la vie religieuse, il pourrait bien arriver que Dieu les mît au ciel en possession de ce que j'aurais gagné ^. »

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