Ibid
5. Cyrille, l^ila.S. Eulhymii, VI, 40. ÀclaSS. jan., t. 11, 471,
LE RECRUTEMENT MONASTIQUE I2y
Euthyme l'envoya au monastère de Théoctiste, où l'on pouvait exercer sur lui une surveillance plus rigoureuse i.
La vocation monastique imposait à l'homme la séparation de sa famille. II y en eut qui, pour la rendre plus complète, s'en allèrent au loin chercher la solitude. Les monastères et les groupes érémitiques fondés par des moines d'une vertu éminente les attiraient "de préférence. Ils étaient sûrs d'y trouver une école ascétique où fleurissait la perfection.
C'est ainsi que Grecs et même Latins affluaient dans les communautés pakhomiennes de la haute Thébaïde. On ne les trouvait pas moins nombreux à Nitrie et à Scété. Le désert du Sinaï et les monastères de Palestine joignaient à l'attrait de la sainteté de leurs habitants le souvenir imposant des faits merveilleux dont ils avaient été le théâtre. Mais, en règle générale, les. postulants ne sortaient guère de leur pays pour chercher la perfection. On leur conseillait cependant de ne pas rester auprès de leur famille. Ce voisinage eût causé à leurs âmes de graves préjudices ^.
L'amour des siens peut, en effet, détourner un cœur de la pensée des biens éternels et le fixer aux choses de la terre. La crainte de te danger impressionna tellement certains esprits, qu'ils tombèrent dans de fâcheuses exagérations. On eût dit, en les voyant agir, qu'ils prenaient pour un mal tout attachement à son père, à sa mère où à d'autres membres de la famille. Quelques moines de Scété ont moins que. d'autres évité cet écueil.
L'abbé Pior avait promis à Dieu de ne revoir personne des siens. Là maladie et la mort de ses parents ne purent pas lui faire retirer sa parole. Après de longues années de séparation, sa sœur voulut absolurhent le voir. Elle en écrivit aux anciens, qui lui ordonnèrent de se rendre auprès d'elle. Pior obéit. Mais quand il fut arrivé au terme de son voyage et qu'il entendit sa sœur lui ouvrir la porte de sa maison, il ferma les yeux et tint ce propos : « Me voici, ma sœur-, voici ton frère; regarde-moi tant qu'il te fera plaisir. » H