Ferha Seniorum, P. L., LXXIII
3. Ibid,^ 792. On trouve des faits analogues, 750-751, 759-760. /\. Ibid., 931.
simplement : «Cessez ce blasphème, car mon père est immorteP. » Dieu était le père unique sur lequel il consentît à fixer son cœur. L'auteur des Constitutions monastiques voulait que le religieux fût mort à tout sentiment familial. Le monastère était une famille véritable, qui devait lui faire oublier l'ancienne. Si quelqu'un des .siens embrassait la vie religieuse, il pouvait alors seulement le considérer comme un frère. 11 n'était pas défendu au moine de prier pour les siens, à la condition toutefois de ne jamais s'occuper de leur obtenir les biens temporels ^ La règle attribuée à saint Antoine montrait sur ce point une extrême sévérité, en interdisant de visiter sa famille et même de se laisser voir par elle 3. , Mais tous ne portaient pas la rigueur aussi loin. Evagre du Pont, qui ne permettait pas aux moines de s'occuper de leurs parents, les autorisait néanmoins à entretenir avec eux, les rapports indispensables*. Dans quelques monastèf^es syriens on pouvait recevoir leurs visites une ou deux fois l'an ; il était seulement recommandé de ne prononcer aucune parole inutile-''. Après avoir établi en principe que la parenté spirituelle, fruit de la grâce et de l'accomplissement de la volonté divine, l'emporte sur la paternité charnelle et doit dominer toutes les affections du moine^, saint Basile lui permet de visiter ses parents toutes les fois que l'intérêt des âmes le demande''^. Il peut remplir cet acte de charité en toute sûreté de conscience s'il déploie pour le salut des étrangers autant de zèle que pour celui des siens ». Le patriarche des moines de Cappadoce se montrait large dans la pratique. Il envoya de sa solitude du Pont le moine Denis auprès de sa mère pour la déterminer avenir rejoindre les , moniales qui habitaient sur la: rive opposée de l'Iris. La lettre qu'il lui remit rend un beau témoignage à la délicatesse de son cœur 9. Cela ne surprend aucun de ceux qui ont appris à connaître par la lecture des œuvres de saint Basile les richesses de son âme. Après comme avant sa profession monastique, il fut le plus tendre