‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 123 sur 520 · Pachomii vila, Àct, Sancl. Maii, t · texte numérisé non relu

Pachomii vila, Àct, Sancl. Maii, t

renseigné sur la nature de ce noviciat, avoue qu'il peut à lui seul expliquer la sainteté extraordinaire des moines de Tabenne. II est le fondement sur lequel reposait tout l'édifice de la perfection i. « Si quelqu'un se présente à la porte du monastère, est-il dit dans la règle pakhomienne, pour renoncer au monde et entrer dans la communauté des frères, on. ne lui accordera pas tout d'abord la faveur qu'il sollicite. On l'annoncera au père du monastère. Il restera à la porte durant quelques jours. Pendant ce temps on lui enseignera l'oraison dominicale et les psaumes qu'il sera capable de retenir. 11 fournira toutes les indications nécessaires pour qu'on sache s'il a fait du mal avant son entrée, s'il a fui lemonde dans un moment de. crainte, s'il jouit de sa liberté et s'il' aura les forces indispensables à quiconque veut abandonner sa famille et renoncer aux biens de, la vie présente. Qyand on aura constaté son aptitude à l'oraison et aux exercices réguliers, le moment sera venu de lui enseigner les autres pratiques du monastère qu'il devra observer, et les services qu'il lui faudra rendre soit dans l'assemblée des frères, soit à la cuisine ou au réfectoire ^ » Cette première épreuve durait au moins dix jours. Tant qu'elle n'était pas terminée, le postulant ne pouvait pas franchir le seuil de la maison. 11 fallait tout d'abord voir si son désir de la vie religieuse était sincère, et s'il serait capable de persévérer jusqu'à la fin. Dans ce but on mettait à l'épreuve durant ces dix premiers jours sa patience et son humilité. 11 se mettait à genoux devant les religieux qui passaient, et les conjurait de le recevoir. Ceux-ci avaient ordre de le repousser avec mépris, comme s'il venait au monastère sans aucun mobile surnaturel et dans le seul but de trouver un gîte et du pain. Ils ne lui épargnaient ni les injures ni les procédés humilia'nts. L'homme capable de subir de pareils traitements aurait le courage d'endurer les tentations que l'avenir lui réservait^. Ces précautions n'étaient pas inutiles à une époque où de nombreux inconnus venaient d'un peu partout solliciter leur admission dans les monastères delà Thébaïde. Quelquesuns portaient, il est vrai, des lettres de recommandation ^^ ; mais ils étaient bien rares.

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