‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 124 sur 520 · yie copie de saint Pakhôme, A. D. M. G., XVI · texte numérisé non relu

yie copie de saint Pakhôme, A. D. M. G., XVI

Saint Pakhôme tenait à ne point dépenser avec des hommes sans aptitude pour la vie monastique un temps qui serait mieux employé au service d'âmes généreuses. Aussi donnait-il tous ses soins au discernement des vocations. Il préposait dans ce but à la surveillance de la porte et des postulants des moines expérimentés^. Théodore, qui fut son meilleur auxiliaire, remplit cette fonction délicate 2.

On vit un jour arriver à Tabenne un homme d'un certain âge qui voulait se faire religieux. 11 exposa sa demande à Pakhôme lui-même : « Tu ne peux plus te faire moine, lui fut-il répondu, tu es trop vieux. Il te serait impossible de t' adonner aux exercices pénibles de l'ascèse. Les frères que nous avons ici portent le poids du travail et luttent contre eux-mêmes depuis leur jeunesse. Non, ton âge ne te permettra pas de résister aux épreuves de la vie monastique. Le découragement s'emparera de ton cœur, puis tu t'en iras en nous accablant de malédictions. » Le, postulant, loin de se décourager, continua ses instances pendant sept jours sans prendre la moindre nourriture. Sa ferveur et sa sincérité finirent par toucher le cœur de Pakhôme. Lorsqu'il l'entendit lui répéter avec la même sincérité sa demande : « Père, admets-moi; si je ne pratique point les jeûnes et les travaux que tu prescris à tes moines, tu n'auras qu'à me chasser du monastère », il lui ouvrit la porte. Nul ne se doutait que ce postulant était Macaire d'Alexandrie, qui venait cacher dans la foule des moines de Tabenne sa réputation et ses vertus ^

Dans les monastères de la Thébaïde et de l'Egypte où le monachisme n'était pas aussi fortement constitué, les candidats allaient, en règle générale, frapper à la porte d'un ancien, que la Providence avait mis sur leur route, ou dont la réputation était arrivée jusqu'à leurs oreilles. Ils lui demandaient la grâce de la vie et de la formation religieuses. Elle ne leur était pas accordée sans difficulté. Lorsque Jean le Nain se présenta devant la cellule de l'abbé

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