yie arabe de Pakhôme, A. D. M. G., XVII
manière suivante. Au terme de l'épreuve novitiale, le frère était dépouillé des vêtements qu'il portait dans le monde et on lui donnait les livrées de sa nouvelle profession. Le supérieur accomplissait cette cérémonie en présence de toute la communauté. Le nouveau moine renonçait à tous ses biens pour n'avoir désormais d'autre ressource que la pauvreté du Christ. Le portier qui avait jusqu'à cette heure rempli auprès de lui les fonctions de maître des novices l'introduisait à l'église pendant la prière commune. Son prieur lui donnait une place au milieu des frères. On ne tenait aucun compte, en la lui assignant, de son âge, de la fortune qu'il avait abandonnée, de la dignité dont il était revêtu. La profession marquait la date d'une nouvelle naissance, qui établissait entre tous les frères une égalité parfaite. Personne ne pouvait quitter le rang qu'elle lui donnait sans un ordre des supérieurs. 11 fallait le garder dans tous les exercices communs, au chœiir, au réfectoire, pendant le travail. Une fois la vêture terminée, l'économe mettait en lieu sûr les vêtements laïcs du profès, pour les conserver jusqu'au jour où le temps et l'expérience montreraient qu'il n'y avait plus à douter de sa persévérance. On devait alors seulement les distribuer aux pauvres. Si jamais sa mauvaise conduite ou son inconstance provoquaient son renvoi ou son apostasie, il reprenait son habit séculier après avoir été dépouillé de celui du monastère 1. Un moine de la haute Thébaïde, qui se rattachait à la congrégation pakhomienne, Schnoudi, introduisit une coutume nouvelle, qui devait par la suite entrer dans l'acte même de la profession et en former le complément nécessaire et la preuve authentique. Pour rendre les moines plus fidèles à la réforme inaugurée par Bgoul, son oncle et prédécesseur, il leur fit signer une promesse écrite d'obéissance aux austérités de la règle 2.
Si les épreuves novitiales permettaient aux supérieurs de recevoir sans imprudence les engagements de l'homme qui voulait embrasser la vie monastique, elles ne pouvaient pas lui donner un
1. s. Pakhôme, Régula, I, 49, P. G., XXllI, 67-70. Cassien, Instit.,\. iv, 50-51,