Ladeuze, oKî». i
formation complète. Comment, en effet, dans un si court espace de temps lui infuser .l'esprit de son état et l'instruire des vertus qu'il devait pratiquer? Il était donc indispensable de continuer encore une œuvre aussi délicate. Dans quelques monastères de l'Egypte dont Cassien raconte les usages, on n'introduisait pas immédiatement le nouveau frère au sein de la communauté. La règle le confiait à l'ancien chargé de recevoir les hôtes, qui le gardait avec lui près de la porte du monastère. Le service des étrangers lui fournissait des occasions multiples de l'exercer à la pratique de l'humilité, de la charité et de l'obéissance. Cela durait une année entière. Après quoi, le doyen préposé à la conduite des jeunes religieux le prenait sous sa direction. Son premier devoir était de lui enseigner le chemin de la perfection,, le renoncement à la volonté propre et l'entière soumission aux ordres des supérieurs i.
Saint Basile chargeait un moine de compléter la formation du nouveau profès et de veiller avec le plus grand soin à ce qu'il se préoccupât d'acquérir les vertus qui font les vrais ascètes. Le frère avait la liberté de choisir lui-même son guide 2, à la condition de porter ses préférences sur un homme tout pénétré de la pensée de Dieu, dominé par son amour et d'un dévouement aux âmes sans borne, en un mot, sur un religieux vraiment digne d'être pris pour modèle 3.
En Syrie, en Palestine et en Egypte, le jeune anachorète demandait à un ancien de l'accepter pour son disciple. Souvent il habitait la même cellule, où il menait le même genre de vie, recevait ses instructions et lui rendait une foule de services. Pallade devait ainsi passer trois ans auprès du solitaire Dorothée; mais le mauvais état de sa santé le contraignit de quitter prématurément cette solitude^. Le séjour auprès d'un ancien se prolongeait quelquefois beaucoup plus longtemps. Lorsque le disciple était assez vigoureux pour se passer de tout secours étranger et pour habiter seul dans une cellule, son maître lui traçait une ligne de conduite s.
Les jeunes ermites ne se laissaient pas toujours guider par des sentiments très élevés dans le choix qu'ils faisaient de leur père spirituel. Plusieurs se préoccupaient avant tout de rencontrer un