Cassien, htsHi., 1. v
première couleur que l'on donne à la pourpre ne s'efface jamais; les jeunes tiges se ploient facilement i ». Saint Ephrem leur recommandait de ne point se décourager et de ne pas prendre scandale à la vue des mauvais exemples qui pourraient leur venir de religieux menant une vie peu édifiante*.
Quelle que fût la manière dont elle s'effectuât, la profession monastique obligeait le moine à pratiquer le genre de vie qu'il embrassait. Cet engagement était-il temporaire, ou révocable au gré de celui qui le contractait ? Ne constituait-il pas un lien que l'on pouvait rompre sans encourir la peine des parjures,? Saint Basile fait à cette question une réponse aussi nette que possible : « Celui qui s'est consacré au Seigneur et qui passe ensuite à la vie~ du siècle est un sacrilège. Il s'est lui-même ravi à Dieu ; il a repris un don qu'il lui avait fait. Qu'on ne rouvre jamais la porte à ceux qui ont commis cette faute, ne fût-ce que pour leur donner un asile durant quelques heures 3. » La même pensée se retrouve dans sa correspondance, dans les discours insérés pai'mi ses œuvres ascétiques*, et sous la plume de l'auteur des ConsiUutiones monasticce^.
L'entrée dans la vie religieuse constituait en Syrie un engagement définitif. Un ami de saint Jean Chrysostome, Théodore, plus tard évêque de Mopsueste, menait avec lui l'existence des ascètes sous la direction de Diodore. Ce genre de vie lui inspira bientôt un vif dégoût; il le quitta pour revenir dans le monde, où il songeait même à contracter mariage. Son ami, très affligé par cette chute scandaleuse, voulut essayer de lui ouvrir les yeux et de le ramener au devoir de sa profession. Dans ce but, il lui adressa deux exhortations pressantes. La seconde témoigne de l'irrévocabilité des engagements pris par Théodore en se faisant moine. « S'il était possible,