‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 134 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

tu avais donnée au Seigneur, lui fut-il répondu ; corriment garderais-tu celle que tu m 'offres ? » Ces paroles, si pleines de bon sens, lui firent comprendre la folie de sa démarche. Il reprit le chemin de la solitude i.

Les. moines" de Mésopotamie n'abandonnaient pas toujours ces apostats à leur malheureux sort, comme on semblait le faire en Cappadoce. Saint Ephrem félicite l'abbé Jean d'avoir reçu un déserteur qui s'était présenté au monastère ^ 11 recommande ailleurs de faire bon accueil à un malheureux cénobite" qui s'en était allé, s'il revenait de lui-même ou si quelque infirmité le contraignait de rentrer au bercair. Lés moines syriens aimaient parfois à rechercher ces pauvres égarés et à les ramener dans la solitude. On se rappelle l'aventure de Théodore. Jean Chrysostome, pour l'encourager, lui cite l'exemple d'un Phénicien qui, après avoir abandonné la vie monastique, se vautrait dans tous les plaisirs. Un ancien prit sur lui de travailler à sa conversion. Dieu bénit ses efforts. L'apostat humilié et repentant devint un religieux exemplaire *.

Les solitaires, en Egypte, ne pouvaient pas davantage abandonner le genre de vie qu'ils avaient librement embrassé. Les supérieurs cependant chassaient ceux qui par leur mauvaise conduite étaient pour les autres un scandale continuel. On en voyait qui, sans attendre un pareil châtiment, profitaient des ténèbres de la nuit pour fuir la solitude ou la société de leurs frères et pour rentrer dans le monde. Ils choisissaient cette heure parce qu'ils craignaient de ne pouvoir en plein jour exécuter aussi facilement leur dessein. Cassien les assimile aux esclaves fugitifs ^. Saint Pakhôme fait reponsables de leur départ les surveillants qui n'avaient pas su les retenir. On refusait aux apostats le droit d'occuper leur rang de profession si jamais le repentir les ramenait au monastère 6. Les anciens de Scété ne fermaient pas aux déserteurs repentants la porte du monastère. L'abbé Pafnuce rencontra un moine qui s'était marié après avoir quitté le désert. Le pauvre homme n'avait pas épousé la paix et le bonheur. 11 raconta ses peines au vieillard, qui réussit à faire renaître dans son cœur quelque sentiment de

Page 1