‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 140 sur 520 · Id., Conlat., VII, i · texte numérisé non relu

Id., Conlat., VII, i

^. Evagre, Capita praciica, I. i, P. G.. XL, 1222. 4. Id., Liber practicus, 60, 61, 1247.

cette bienheureuse impassibilité se manifestait par les signes suivants : éloignement des pensées déshonnêtes, des songes impurs et de toute distraction aux heures de la prière mentale, élévation de l'âme au-dessus des choses sensibles, absence de toute idée vaine pendant la psalmodie. La crainte du Seigneur et le souvenir de sa loi ou des ordres qu'il peut donner étaient dès lors inutiles à l'homme; les paroles et les œuvres saintes jaillissaient spontanément de son cœur i.

Marc l'Ermite^ et son homonyme Marc Didacios^ croiyaient à la possibilité sur terre de cet état bienheureux. Le même sentiment se retrouve dans l'une des lettres qui porte le nom de Macaire l'Egyptien*. Pallade fait à maintes reprises l'éloge de moines qui jouissaient, disait-on, de ce précieux avantage 5.

Rufm passe pour avoir l'un des premiers répandu cette idée qui fut classée parmi les erreurs ori^énistes. Il avait traduit les sentences d'un philosophe pythagoricien nommé Xyste, qu'il crut pouvoir, à cause de l'analogie du nom, présenter comme l'œuvre du pape saint Xyste ; ce qui lui attira de la part de saint Jérôme des critiques sévères. Ces sentences fournirent aux partisans de ra/»âJ/Jbî'^ des textes pour appuyer leur sentiment 6. Mais cette erreur, qui était une réaction maladroite contre les théories manichéennes, avait une origine stoïcienne. Rajeunie par les origénistes, elle fut adoptée par les pélagiens'^, par les massaliens et par d'autres hérétiques. Syriens pour la plupart^. L'abus qu'ils en f.rent provoqua, les défiances des catholiques. Ces derniers confondirent dans les mêmes condamnations l'erreur manifeste des pélagiens et les exar gérations tombées de la plume d'Evagre et de plusieurs autres, qui eurent le tort d'employer des termes vagues et mal définis, pouvant donner lieu à des interprétations erronées. Il est certain que ni Evagre, ni Rufin, ni Pallade, n'ont vu dans l'impassibilité qu'ils préconisaient le calme complet et définitif des passions que l'homme.

1. Evagre, Capita practica, ^5, 42, 53, 56,. 1231, 1234^ 1247.

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