S. Epiphane, Expositio fldei, 34, P. G., XLII
5. S. Basile, Régula hrev. tract., inter. 205, P. G,, XXXI, 1218. ô.Rufin, Historia mouachorum, \, P. L., XXI, 395-396.
7. S. Jérôme, Ep., 125, P, L., XXII, 1075. Cf. Marcus Didacios, De perfectione spirituali, 6^-66, P. G., LXV, 1189-1190,
tume, il résolut d'en finir immédiatement avec ses hésitations. Il se dépouilla de tout; afin de surmonter plus complètement ses répugnances, il donna aux pauvres jusqu'à ses habits et il se présenta au monastère dans cet état de dénuement complet. L'ancien qui le reçut, comprenant la générosité de sa conduite, le revêtit aussitôt du costume religieux. Cet acte de courage lui mérita l'honneur d'être cité comme un modèle de renoncements
On voulait en Egypte que ce premier sacrifice fût accompli sans réserve. Saint Antoine, qui avait donné l'exemple, demandait à ses disciples d'en faire autant. Un postulant se présenta devant sa cellule après avoir distribué ses biens aux indigents, sauf une réserve qu'il s'était faite. Le patriarche s'en aperçut. Pour lui montrer ce qu'il y avaitde peu raisonnable dans sa manière d'agir, il lui donna la leçon suivante : « Va au village voisin acheter de la viande ; tu la mettras sur tes épaules nues, et tu reviendras me trouver. » Le postulant obéit. Mais l'odeur de la viande attira les chiens et les oiseaux, qui se jetèrent sur lui et déchirèrent son corps par leurs morsures. « C'est ainsi que seront traités par les démons, lui dit saint Antoine, tous ceux qui, en renonçant au siècle, ont l'imprudence de conserver de l'argent \ »
Les moines d'Egypte et de la Thébaïde n'étaient ni moins prudents ni moins sévères. Ils s'assuraient, après avoir infligé aux postulants les humiliations ordinaires, s'ils ne gardaient pas quelque chose en leur possession. Une simple pièce de monnaie, pensait-on, aurait pu compromettre leur persévérance \ Leur prudence allait jusqu'à refuser toute offrande de ceux qui embrassaient la vie religieuse. On craignait, non sans motif, que ce ne leur devînt un prétexte de s'élever au-dessus des frères. Certains moines, qui avaient en entrant fait des largesses au monastère, songeaient plus facilement que d'autres à se retirer en exigeant avec insolence tout ce qu'ils avaient apporté. Cela suffisait pour jeter une maison dans un véritable embarras. Dans le but de prévenir ces ennuis, on n'acceptait rien du postulant, pas même l'habit dont il était revêtu. C'était le meilleur moyen d'en faire un pauvre véritable \ La plupart distribuaient leur fortune aux malheureux. Ceux qui l'employaient en bonnes œuvres ne pouvaient