‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 147 sur 520 · Cor., xii, 14. S. Basile, id · texte numérisé non relu

Cor., xii, 14. S. Basile, id

5. S.' Basile, Re gui. fus. tract., int. 9, ibid., 342. Reg. brev. tract., inter. 187, ibid., 1207.

ce que sa famille pouvait offrir ; il demande seulement de le faire avec une extrême réserve. La prudence qu'il y met laisse entrevoir combien cela lui répugnait. Un refus serait, dit-il, plus édifiant et il épargnerait bien des ennuis. Qui sait si le frère n'en profitera pas pour s'enorgueillir? Les présents ont aussi l'inconvénient grave d'humilier et d'attrister les autres, sans parler des entraves qu'ils mettent à la liberté monastique. L'hégoumène qui croira pouvoir accepter ces offrandes verra devant Dieu l'usage qu'il convient d'en faire*.

Ce détachement extérieur, que préconisaient les moines orientaux , ne devait être que la manifestation d'un renoncement intime, auquel tous ajoutaient une importance beaucoup plus grande. « 11 ne nous servirait de rien, disaient-ils, de ne pas avoir d'argent, si nous conservions dans nos cœurs le désir d'en posséder. » Leur doctrine sur ce point était en parfaite harmonie avec les enseignements de l'Ecriture". L'expérience leur montrait qu'il était indispensable de montrer en pareille matière une grande sévérité.

Pour rendre plus facile la pratique de la pauvreté intérieure, sainte Paule, qui donnait généreusement à ses moniales ce dont elles avaient besoin pour leur nourriture et leurs vêtements, ne laissait rien à leur disposition. C'était fort sage. Car toute concession faite au désir de posséder l'accroît au lieu de le diminuer ^

Saint Nil, qui se fit dans bien des circonstances l'apôtre de la pauvreté monastique, n'était pas moins sévère. Le moine, d'après lui, devait se contenter du strict nécessaire. Il fallait être inexorable sur ce sujet ; car une première faiblesse pouvait entraîner fort loin. On s'engageait ainsi sur une pente glissante et très dangereuse. C'était jeter du bois au milieu d'un incendie'^. Saint Nil cite, pour l'édification de ses lecteurs, l'exemple d'un moine nommé Albien, qui n'avait jamais de sa vie touché une pièce de monnaie.

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