Cassien, Inst., 1. iv, n. 20, p
U.S. Basile, Reg. brev. tract., int., 93, 1147.
l6o M LES MOINES d'orient
sation du supérieur '. Celui qui perdait ou détériorait ce qui était mis à son usage subissait une pénitence proportionnée à la gravité de sa faute \ A Tabenne, chaque religieux avait à sa disposition plusieurs objets indispensables qu'il lui était permis d'emporter quand il changeait de maison 3.
Orsise, le successeur de saint Pakhôme, se faisait un devoir rigoureux de ne pas laisser les moines manquer du nécessaire. Il leur épargnait ainsi la tentation de se pourvoir auprès de leurs parents ou de leurs amis ^. On ne pouvait blâmer le père et la mère qui faisaient une offrande au monastère où vivait leur fils. Mais elle était remise au frère chargé du temporel de la maison, qui en disposait pour le service commun s. On pouvait, s'il y avait lieu, la mettre à l'usage du fils du bienfaiteur.
La pauvreté monastique, malgré ses rigueurs, n'empêchait pas les religieux séparés les uns des autres de s'envoyer des présents, en signe d'amitié 6.
Tout ce qui précède s'applique surtout aux cénobites et aux solitaires qui vivaient par groupes sous l'autorité d'un supérieur. II leur était facile, en effet, de mettre leurs biens en commun et de charger un frère de pourvoir aux nécessités générales et privées. Tel n'était point le cas des ermites isolés des ascètes. Les individus avaient à se procurer personnellement tout ce qui leur était indispensable ou utile. Or, comment le faire sans argent? La vente de leurs travaux leur procurait de quoi s'acheter du pain et les objets de première nécessité. Ils pouvaient donc, cela va sans dire, vendre et acheter, se prêter les uns aux autres des ustensiles ou de la monnaie. L'abbé Isaïe recommandait à tous une grande délicatesse pour rendre fidèlement et en bon état ce qu'ils avaient ainsi reçu de la bonté
1. s. Bâs'ÛQ, Regîd. fus. tract., iiit. 87, P. G., XXXI, 77. S. Pakhôme, Regul., 97, 106, P. L., XXII, 78-79.