‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 150 sur 520 · S. Pakhôme, Reg., 52, P. L., XXIII · texte numérisé non relu

S. Pakhôme, Reg., 52, P. L., XXIII

6. S. Jérôme, epist. 71, P. L., XXII. Théodoret, epist. 13, P. G., LXXXII,

d'un frèrei, Les anciens conseillaient: aux prêteurs, de n!être pa? trop exigeants vis-à-vis des mauvais créanciers- Mieux valait, pensaient-ils, donner que prêter?.

La latitude dont jouissaient les anachorètes les exposait aux séductions de l'avarice. Les cénobites n'étaient pas toujours non plus exempts de ce vilain défaut. On voyait chez les uns et chez les autres des hommes qui, après avoir sacrifié généreusement honneur et fortune, ne se sentaient pas le courage de renoncer aux riens dont le moine ne peut se passer. L'esprit de propriété, vaincu sur de grandes. choses, prenait sa revanche avec des bagatelles, liant le cœur du religieux à un stylet, à un couteau, à une aiguille. On en trouvait qui tenaient assez à un livre pour ne permettre à personne de le toucher ou même de le regarder 3.

Cassien, qui avait reçu les enseignements d'hommes très expérimentés, consacre tout un Jivre de I ses Institutions à étudier ce vice minutieux et ridicule et à combattre ses effets désastreux pour les âmes. L'avarice se présente au moine, dit-il, sous trois formes différentes : elle le pousse à se procurer des biens qu'il n'avait pas dans le monde, ou à rechercher ceux dont il s'est défait en entrant au monastère; Elle l'empêche de se dépouiller de toutes ses possessions. Les prétextes ne manquent jamais au religieux atteint de cette maladie; il excelle surtout dans l'art d'adapter les divines Ecritures à sa manière de voir'^; il devient opiniâtre dans la poursuite de ses désirs, susceptible, querelleur, envieux, orgueilleux ^. Tout lui est bon pour fausser sa conscience et pour légitimer son besoin d'amasser. Si un abbé qui a surpris de l'argent chez un cénobite lui adresse des reproches mérités, celui-ci a l'audace de lui répondre : « Tu en as bien, toi. Pourquoi me défendre d'en avoir^ ?» Les uns mettent en avant la pauvreté du monastère, les infirmités que la vieillesse leur réserve, les voyages qu'il leur faudra entreprendre, des nécessités impossibles à prévoir'^. D'autres ont des visées plus hautes; se croyant la mission de conduire les âmes à Dieu, ils songent à fonder un monastère où ils grouperont des disciples.

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