‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 151 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

L'avarice, déguisée en prudence, leur conseille de réunir le plus d'argent possible en prévision des besoins futurs'.

Ces pauvres égarés ne parviennent jamais â satisfaire leur désir de posséder. Ils ont commencé par 'mettre un denier en réserve, puis un second. Ils n'ont pas craint de vendre leur travail à l'insude l'abbé et d'augmenter ainsi leur pécule. Ils se préoccupent ensuite de faire valoir cette petite fortune. Leur âme, dominée par la pensée d'un bénéfice à réaliser, ne peut guère songer aux vérités éternelles. On en trouve qui ne reculent pas toujours devant un larcin ^ Sans aller jusqu'à cette extrémité, d'autres perdent l'amour de leur état; Rien ne les satisfait. On les entend murmurer à propos de touti L'envie de quitter le monastère les absorbe; ils n'attendent qu'une occasion favorable. Dans le but de couvrir leur fuite et de la rendre moins honteuse, ils cherchent à pervertir des frères et les engagent à les suivre^.

Tout ce que dit Cassien sur l'avarice dans ses Conférences et dans ses Institutions, prouve que la pauvreté religieuse n'était pas observée avec la même ferveur par tous les moines égyptiens. L'insistance que met saint Ephrem à combattre ce vice et à montrer lés maux dont il est la source laisse croire qu'il en était de même dans certaines régions de la Syrie et de la Mésopotamie.

Les sarabaïtes, les gyrovagues et d'autres moines, indignes dw nom qu'ris' portaient, aifichâient un amour scandaleux des richesses. Ils déployaient une habileté remarquable pour se concilier l'estime des veilles filles et des veuves fortunées dans le but de les circonvenir et de les déterminer à tester en leur faveur. Certains clercs rivalisaient avec eux de souplesse et' d'audace. C'était un désordre scandaleux, qui affligeait les grandes villes de l'Orient et de l'Occident. Saint Jérôme s'en plaint dans une lettre à son ami Héliodore'i. On devine les conséquences lamentables de pareils procédés au sein des familles et parmi les hommes du monde.

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