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164 LES MOINES D^'ORIPHT .1
■permettrait, pensàit-il,.de faire face à. ses obligations et diéehapiper aux moqueries .de ses adversaires.'. Un autre moine .de ^Palestine, saint Porphyre/ avait quitté depuis dix ans Thessalôi^ique, sa -patrie. Le patrimoine de sa famille était resté indivis à cause dje~ l'âge de ses frères. Quand le temps fut arrivé, il chargea Marc, son disciple, d'aller réclamer le partage et dé vendre ce qui lui serait dévolu. Le' serviteur de Dieu se trouva possesseur .d'une ;grande quantité d'argent, qu'il distribua aux pauvres et aux jTioniastères 2. Zenon, solitaire du voisinage d'Antioche, qui, était dans une situation analogue, ne put en sortir avec |a même facilité;; après avoir essuyé des ennuis de toutes sortes, il finit par vendre sa part à un ami. La somme qu'il réalisa devait être donnée aux pauvres. Cette distribution n'était pas encore terminée lorsque, se voyant sur le point de mourir, il chargea l'évêque d'Antioch'e d'exécuter sa volonté 3.
Le reclus Abraham, qui avait hérité d'une grosse fortune à la mort de ses parents, craignit de troubler l'intimité de ses relations avec Dieu, s'il la donnait personnellement aux pauvres. Il confia ce soin à l'un de ses amis. La chose ne put se faire en quelques années. Longtemps après, quand le saint homme, ayant reçu de son évêque l'ordre de travailler à la conversion des habitants d'un village peu éloigné de sa cellule, eut besoin d'argent pour construire une église, il le préleva sur ce qui restait encore de la succession paternelle '^. Plus tard, lorsqu'il recueillit et consacra à la vie monastique une orpheline, sa nièce, il fit également distribuer aux indigents tout ce qu'elle possédait 5.
Le solitaire Polychronios, qui se vit à plusieurs reprises offrir des présents par don ou par testarnent, chargeait toujours celui qui les lui portait de les distribuer aux pauvres. La pénurie extrême dans laquelle il vivait ne lui sembla jamais un motif de garder pour son usage la somme la plus modique 6. Le bienheureux Arsène allait plus loin encore, (^elqu'un vint lui présenter lé testament d'un sénateur, membre de sa famille, qui lui avait légué toute sa fortune. Le solitaire, tout surpris, se contenta de dire :