Ibid., i
demandèrent de les mettre au nombre de ses disciples, pour échapper, eux aussi, aux ennuis de la supériorité*.
: Cet usage de reconnaître pour premier abbé le fondateur d'une maison était général en Orient, si bien que des mçines légers et ambitieux en profitaient pour s'ingérer d'eux-mêmes dans les fonctions redoutables du gouvernement des hommes. Quelquesuns, on se ; le rappelle, amassaient de l'argent pour, nourrir et grouperderjsoi-disant disciples, avec lesquels il leur serait facile de former un semblant de monastère, dont ils deviendraient les chefs.
; Quelques abbés désignaient eux-mêmes avant de mourir celui qu'ils désiraient avoir pour successeur. Eusèbe, dont il a été question, avait choisi Jacques le Persan. Ce dernier s'étant dérobé par la fuite, il confia le soin de régir sa communauté au moine Agrippai Ce mode d'élection n'était pas inconnu ailleurs. On le retrouve parmi les moines égyptiens^. Dans la haute Thébaïde, lorsque saint Pakhôme crut sa fin prochaine, il assembla les chefs des maisons qui lui étaient soumises, pour s'occuper avec eux du choix de son successeur. Orsise les questionna en son nom sur l'homme qui pourrait leur convenir. Ils désignèrent Petronios. Pakhôme confirma cette élection. Le nouveau supérieur général de Tabenne mourut quelques jours après son maître. Mais, avant son trépas, il suivit son exemple et réunit les moines pour élire.' en sa présence son successeur. Ceux-ci lui demandèrent de le désigner lui-même. Il leur proposa Orsise. Ce dernier, qui avait accepté cette charge à contre-cœur, voulut plus tard se démettre. Il convoqua les supérieurs des diverses maisons et leur déclara qu'il nommait Théodore son successeur. Cette élection fut agréée de tous^. Les chefs de chaque monastère de la congrégation étaient choisis par le supérieur général s. Saint Basile confie le le soin d'élire l'abbé aux chefs des communautés voisines 6. Dans certaines contrées, les évêques s'en chargeaient eux-mêmes. Saint Isidore reproche à l'évêque de Péluse, Eusèbe, d'avoir donné à des indignes et à des incapables des monastères qu'ils opprimaient plutôt qu'ils ne les gouvernaienf^.