Vie copte de S. Pakhôme, A. D. M. G., XVII
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vrais pasteurs. Nous sommes les -brebis du troupeau spirituel du Christ, et ce sont eux qui nous gardent des. pièges mauvais de l'ennemi 1. »
Saint Nil eut souvent Toccasion de tracer à des abbés la ligne de conduite qu'ils- devaient suivre. II propose à l'hégoumène Grégoire la leçon que donne Moïse, en plaçant le tabernacle loin du tumulte de Tarmée. C'est, d'après lui, une invitation au chef du peuple de maintenir son âme loin de l'agitation des combats; c'està-dire qu'il doit être le souverain de son cœur et ne permettre à aucun trouble de ^émouvoir^ « Avant de devenir le guide de tes frères, écrit-il à un autre, soumets-^toi d'abord à l'épreuve. C'est ton premier devoir. Tu auras à leur enseigner ce qu'il faut faire par ^j; œuvres plus que par tes paroles. Que ta vie soit pour eux l'image de toutes les vertus. Tu ne dois pas t'occuper de ceux à qui tu commandes moins que de toi-même, sache-le bien; car il te faudra rendre compte pour eux aussi bien que pour toi, puisque tu t'es chargé de leur salut. C'est par ce moyen que l'Apôtre fit un martyr de l'esclave fugitif Onésime, qu'Elie rendit capable d'interpréter la pensée divine le laboureur Elysée, que Moïse éleva si bien Jésu, fils de Navé, dont la sagesse allait toujours en augmentant, et que le grand-prêtre Héli donna au jeune Samuel une vertu supérieure à la sienne. Les efforts des disciples ne sont pas, il est vrai, inutiles pour l'acquisition de la sainteté; néanmoins leurs progrès' viennent en grande partie des maîtres excellents qui jettent dans leurs âmes les étincelles de l'amour divin et le désir des biens éternels*. Tels. furent, toujours d'après saint Nil, les fondateurs de l'institut monastique. Ils ont de la sorte gagné les cœurs à Dieu. Malheureusement, tous les supérieurs avec qui l'illustre solitaire du Sinaï entretenait des relations ne suivaient pas leurs exemples. 11 dut faire entendre à plusieurs un langage sévère pour les rappeler à la pratique du devoir'^.