S. Grég. Naz., Epist. 2^8, P. G., XXXVIl
l'obéissance et la hiérarchie monastique 177
ceux-là, d'un tout autre moyen. Il est heureux de conduire à la perfection des religieux qui lui obéissent avec joie et qui commencent à mener soUs sa conduite la vie des anges 1.
L'auteur àes .Constitutions monastiques, qui prend Ja famille comme type du monastère, veut que le supérieur soit un père, s'efforçant d'imiter le Père céleste. Les frères, semblables à des enfants pleins de tendresse, doivent rivaliser d'égards, d'affection et de dévouement pour lui ^ L'abbé considère les besoins de chacun et lui donne ce que réclame son état. Il cherche à connaître le caractère, les sentiments et les aspirations de tous ses moines, afm de s'accommoder à leurs besoins 3. Ceux qui reçoivent davantage ne se prévalent point de la miséricorde dont ils sont l'objet, et les autres n'ouvrent pas leur cœur à la jalousie '^.
Saint Pakhôme , dans les premières années du 'monastère de Tabenne, prenait' sur lui la direction des âmes et tout le service matériel de la maison. Pendant qu'il remplissait avec un zèle admirable les fonctions de cuisinier, de jardinier et de portier, les frères vaquaient tranquillement à l'oraison et aux: saintes lectures. Mais l'augmentation du nombre de ses disciples l'obligea bientôt de renoncer à ce système écrasant. Il adopta une organisation qui lui permit, sans surcharger personne et en utilisant toutes les aptitudes, de partager le travail .avec ses moines et de faire ainsi face aux exigences multiples du service spirituel et temporel de la communauté^. Le fondateur de Tabenne, qui possédait l'art du gouvernement à un degré que n'atteignit jamais aucun législateur monastique de cette période, sut établir cette distribution des offices avec une sagesse et un sens pratique remarquables. Elle a •exercé sur le cénobitisme occidental la plus heureuse influence.
Chaque service du monastère avait à sa tête un chef respon- •sable, à qui tous obéissaient et qui devait à son tour une entière
1. S. Grég. Nys., De iiistUiito christiano, P. G,, XLVI, 289-290..