Id.) 190, ibid
l'obéissance ET LA HIÉRARCHIE MONASTIQUE 1 79
allaient,, sur son ordre, traiter au dehors les affaires qui se présentaient. On leur confiait le soin de faire les ventes et les achats i. II y avait, pour distribuer le travail, un serviteur qui changeait toute les semaines. De là son nom d'hebdomadier. Le matin, après la prière en commun, il prenait les ordres du père du monastère et les transmettait au prieur de chaque maison. II tenait un compte exact de tout ce qui se faisait 2.
La nomination de tous les officiers appartenait au supérieur du monastère. Saint Pakhôme le prie de tenir compte des aptitudes de ses moines. Certaines fonctions étaient pour plusieurs attrayantes. Il n'y en avait guère qui le fût autant que la charge d'économe. Un religieux, qui appartenait à un monastère voisin de Tabenne, la désirait beaucoup; il s'en ouvrit au supérieur, qui, le jugeant incapable de la remplir, lui répondit par un refus. Sans se déconcerter, il réitéra sa demande avec plus d'iristance encore. Le père, pour le réduire plus facilement à la raison, consulta saint Pakhôme et appuya sur son autorité le nouveau refus qu'il apporta au pauvre ambitieux. Cette décision le mit hors de lui. 11 s'en alla trouver le saint et l'accabla d'injures, Pakhôme l'écouta patiemment. Lorsque le malheureux eut fini, il conseilla au supérieur de lui donner la fonction tant désirée. II espérait par ce témoignage de confiance le ramener à de meilleurs sentiments. Spn attente fut pleinement réalisée'. D'autres religieux s'attachaient trop à la fonction qu'ils remplissaient. Saint Nil en connut un qui avait cette faiblesse. Il était le second du supérieur du monastère. Or l'usage voulait qu'il cédât sa place à un autre après un an de service. Mais l'amour du commandement avait oblitéré la notion de l'obéissance dans son esprit, au point qu'il refusa de quitter cette charge^. Le second du monastère était-il le seul officier dans les régions avoisinant la péninsule Sinaïtique, qui fût ainsi remplacé tous les ans? Tous les officiers monastiques n'étaient-ils pas soumis à cette règle? Saint Nil n'en dit rien.
Les cénobites égyptiens avaient une organisation différente de