Vie copie de S. Pakhôme, A. D. M. G., t. XVIII
l86 LES MOINES d'orient
tiens cordiales avec celles du voisinage. Les supérieurs se réunissent dans un lieu déterminé à une époque fixe. Dans ces assemblées, qu'on pourrait nommer des chapitres provinciaux, ils traitent des choses courantes, de la piété et de la pratique des vertus dans les diverses maisons. Chaque hégoumène expose la manière dont il remplit ses fonctions. C'est un bon moyen de s'éclairer; car les autres peuvent lui dire en quoi il manque et l'encourager dans ce qu'il fait de bien^. Les monastères se prêtent un mutuel appui. Car à eux, comme aux individus, l'Evangile recommande la pratique de la charité et le dévouement fraternel ^ En dehors des circonstances où le devoir impose d'assister une communauté en détresse, les monastères ont souvent occasion de faire des échanges^. Dans ce cas, la dignité leur interdit d'exploiter la nécessité dans laquelle se trouve un voisin ou d'abuser de la condescendance de celui qui rend un service. Il faut agir avec un esprit élevé et un cœur généreux, sans lésiner sur les prix et sans exiger une rétribution trop forte 3.
L'insistance avec laquelle saint Basile parle de l'union entre les monastères fait croire que ses recommandations n'étaient pas inutiles. 11 eut évidemment à constater des dissensions fâcheuses. Elles sont presque inévitables, quand il y a dans une même localité deux maisons religieuses. Ce rapprochement engendre des rivalités qui dégénèrent vite en basse jalousie. On laisse échapper des paroles amères et des critiques blessantes, puis on en vient aux procédés indélicats. Les œuvres exercées par les moines, l'hospitalité, tout sert de prétexte et fournit une occasion. Le scandale des fidèles est le résultat le plus clair de ces oublis de la charité fraternelle. Il n'y avait qu'un moyen de supprimer ces rivalités mesquines : des deux communautés en faire une seule . '^
Mais cette union des monastères d'une même contrée, pour être durable, aurait dû se faire autour d'un hégoumène établi au-dessus