Id., Reg. fus. tract., int. 35, ibid
l'obéissance et la hiérarchie monastique 187
des autres et jouant un rôle analogue à celui des supérieurs généraux. La règle de saint Basile ne reconnaît aucune autorité de cette nature. Mais la force des choses ne tarda guère à en provoquer la création. Les religieux, comme les simples fidèles, étaient soumis à la juridiction épiscopale; ceux d'Egypte et de Thébaïde avaient plus directement à faire, semble-t-il, au patriarche d'Alexandrie. Cette dépendance d'une même autorité forma bientôt entre les monastères d'un diocèse un lien que le temps et les circonstances devaient fortifier. Les pasteurs des églises les plus importantes ne tardèrent pas à se reposer de la conduite de cette partie de leur troupeau sur un membre du clergé choisi souvent parmi les religieux. On lui donna le nom d'exarque des moines. L'évêque de Mélitène confia ce soin au prêtre Euthyme dans les premières années du Ve siècle 1. A Constantinople, saint Dalmace, abbé du monastère qui plus tard porta son nom, est qualifié, par saint Cyrille d'Alexandrie, d'archimandrite des monastères. C'est le premier abbé de la capitale de l'Empire investi d'une dignité semblable. Les patriarches la conservèrent à ses successeurs ^ Le chorévêque Passarien, qui gouvernait un monastère à Jérusalem ou dans le voisinage, reçut du patriarche Juvénal une fonction analogue'. Les églises de Syrie connurent cette institution. Parmi les délégués que Théodoret évêque de Cyr, envoya au pape saint Léon, se trouvait le prêtre Alypios, exarque des moines de son diocèse *.
1. Cyrille, VitaS, Etithymii, 2. Acta Sanct., Jan., t. II, 667.