S. Pakhôme, Rûg., 191. P. L: XXIII
2. S..Pacbomii-vita, ^S. y4cta Sanct. liAa.n,i.'l\l, ^i i. • -
3. IbicJ., 33, p. 309. Cf. Fie copte de S: Pakhonte, A. D. M. G.-, XVII, 116 et usiv.
une extrême rigueur ceux qui s'en rendaient coupables. On le vit bien à Phbôou. Dix religieux de ce monastère, assez réguliers par ailleurs, murmuraient souvent contre lui. Il Usa de tous les moyens pour les guérir. Les prières qu'il adressait au Seigneur restaient sans effet. La mort de l'un des coupables lui parut une occasion très opportune de donner à tous une leçon utile. 11 défendit de rendre à son cadavre les honneurs habituels. Par conséquent sa sépulture ne reçut aucune bénédiction, et il n'y eut pas de chants autour de sa dépouille. Ses vêtements furent brûlés sous les yeux de la communauté. On ne pouvait rien imaginer de plus fort pour enseigner aux -religieux « à ne point traiter leur âme avec mépris »i.
Toutes les règles attribuées à des moines de cette époque recommandent non moins instamment la pratique de cette vertu essentielle 2. Cassien, qui expose avec tant de netteté les meilleures traditions ascétiques de l'Egypte, fait remarquer le soin avec lequel les solitaires formaient leurs jeunes disciples à une obéissance parfaite. Ils leur enseignaient en premier lieu l'art difficile de vaincre leur volonté. S'ils sont incapables, pensait-on, de remporter cette victoire, comment pourraient-ils dominer leurs passions ?
Le détachement de la volonté propre, qui était le résultat de cette transformation, les empêchait d'agir par eux-mêmes ; il leur fallait en toutes choses l'agrément du supérieur'. C'était le premier conseil que les nouveaux venus recueillaient sur les lèvres des anciens. « Si tu veux arriver à la perfection, disait à son disciple l'abbé Pinufe, propose-toi d'imiter un petit nombre de frères; il est préférable de t'en tenir à un ou deux. Mais, pour bien mettre à profit leurs exemples, comporte-toi comme un sourd, un muet et un aveugle ; montre toujours la plus entière simplicité et une obéissance absolue; ne juge saintes, utiles et sages que les. choses déclarées telles par la loi de Dieu ou par l'approbation de l'ancien^. »
Les cénobites avaient une grande facilité et des occasions multiples de faire à cette vertu la part la plus large dans leur existence. , Telle était la cause de la préférence qu'on donnait habituellement