‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 177 sur 520 · Id., Inst., \. IV, 65, etc · texte numérisé non relu

Id., Inst., \. IV, 65, etc

'6. ^pophegmata Paîrum,?. G., LXV, 419. Sulpice-Sévère, DiaJ., 1, «70-173.

aux. pieds les répugnances de son jugement,' par exemple en lui intimant d'arroser un bâton planté dans le sable 1.

L'abbé Sylvain, pour faire constater à dés anciens qiii rétaîent venus voir l'obéissance parfaite d'un disciple, l'appela auprès de lui. Et, en lui montrant un petit sanglier^ il lui dit : « Vois-tù mon fils, ce petit veau ? — Oui, abba, répondit siiriplement le moine. — Que ses cornes sont jolies! — C'est vrai, abba^. »

Le recueil des paroles et des sentences des Pères, et le récit de leurs actions saintes, renferment des traits non moins imitables que dignes d'admiration.

L'humilité profonde de celui qui se soumet ne doit avoir d'égales que la sagesse et la prudence de celui qui commande. Alors comme de nos jours on pouvait chercher et atteindre la perfection évangélique sans violer les saintes lois de la discrétion. Saint Nil déclarait que pour obéir parfaitement, il n'y a qu'à s'abstenir de chercher avec curiosité le mobile des ordres du supérieur et de juger soit la nature de ses commandements, soit la manière dont.il les donne. Ces préoccupations rendraient la soumission inutile. En conséquence le moine désireux de posséder dans sa plénitude l'esprit de de son état fait bien de se croire dépourvu d'expérience, c'est-àdire incapable de porter sur la valeur morale des actes qui lui sont prescrits un jugement sérieux 3. L'obéissance est, toujours d'après saint Nil, la route qui mène à la sainteté. Mais Je moine ne peut la parcourir seul. 11 a besoin d'un supérieur pour le mettre en marche et pour guider ses pas. Tous les supérieurs ne possèdent pas au même degré cet art de conduire les ânies *.

Celui qui est à la hauteur de sa mission obtient sans trop de difficulté de ses disciples un complet renoncement à leur volonté propre, lis ressemblent alors à des cadavres ou plus exactement à de la matière première entre les mains d'un artiste, qui en fait ce qu'il veut sans éprouver la moindre résistance s. Ils ne négligent aucune prescription, si minutieuse soit-elle. Les détails en apparence insignifiants jouent dans l'obéissance religieuse le même rôle que les épines dans une haie. Elles forment autour de l'âme une barrière impénétrable qui conserve en sécurité ses richesses

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