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cette vertu. L'ascète, y est-il dit, ne s'appartient pas; il ne lui est", en aucun moment de sa vie, loisible de vaquer à ses propres affaires. Il n'est qu'un instrument. Or l'instrument ne peut rien .•sans l'ouvrier. Le moine ne peut et ne doit donc rien faire saris l'assentiment du prieur 1. En entrant au monastère, il a dû fouler -aux pieds ses goûts et ses désirs pour prendre ceux de la société, «qui se l'est incorporé. Son premier devoir est de conformer sa vie à celle de la maison. Il ne pourrait sans un grave désordre chercher à intervertir les rôles *. L'ardeur avec laquelle tous s'empressent d'obéir a, entre autres avantages, celui de resserrer les liens de la charité fraternelle et dé les rendre indissolubles 3.
Mais plus le religieux embrasse généreusement l'obéissance, plus le supérieur doit être discret dans ses commandements. Comme un père, il tient compte des forces de chacun de ses fils. Si quelqu'un feint la maladie pour éviter de se soumettre, il punit par un châtiment exemplaire l'abus que ce malheureux fait de la discrétion de son prieur*.
Celui qui parcourrait à la hâte les récits édifiants et les opuscules où est tracé le chemin de la perfection serait aisément la victime d'une illusion : les moines de cette période^ qu'on peut nommer leur âge d'or, lui apparaîtraient pour la plupart avec le nimbe de la sainteté. Une étude plus attentive le ramène promptement à la simple réalité, en lui laissant voir, à côté de modèles admirables d'obéissance, une foule d'hommes qui suivaient les sentiers battus d'une vertu religieuse très ordinaire, tandis que d'autres ne parvenaient pas toujours à s'y maintenir. Il y en eut qui, soit par faiblesse, soit par malice, commettaient des fautes graves, ou même faisaient des chutes scandaleuses. Quelques-uns se relevaient d'eux-mêmes, d'autres avaient besoin du secours de leurs supé-