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l'obéissance et la discipline régulière 197
rieurs et des exercices de la pénitence régulière. On en trouve qui, malheureusement, persévéraient dans le mal 1. - .. Le monachisme n'offrait donc pas à ses adeptes une entière sécurité. Malgré la solitude et les précautions qu'elle mettait autour des âmes, ce n'était point la route certaine du paradis ^ « J'ai été conduit au tribunal de Dieu, mon fils, dit un jour l'abbé Silvain à son disciple ; j'ai vu traîner au lieu des supplices éternels un grand nombre de moines revêtus de notre habit; et une foule de laïcs entraient dans le royaume du Seigneur s. » Des larmes abondantes sillonnaient ses joues pendant que le saint homme faisait cet aveu.
.Tant que les moines conservèrent leur ferveur primitive, les défections furent peu nombreuses. La sainteté des Antoine, des Pakhôme, des Macaire, des Hilarioni,; ides Ephrem, des Basile et de tant d'autres, était contagieuse. Elle suffisait à maintenir le monachisme, dans son ensemble, à un degré très élevé. Mais le nombre des saints finit par diminuer : les vocations abondaient toujours, mais les moyens de formation étaient insuffisants. Les frères, moins pénétrés de l'esprit de leur profession, se laissaient envahir par l'esprit du siècle. Déjà l'abbé Serenos, du désert des Cellules, se plaignait de ce relâchement à Cassien. Il en donnait pour preuve ce fait curieux : les démons ont moins peur des moines *.
La décadence fut plus grande encore un demi-siècle après, c'està-dire au terme de la période qui nous occupe. Saint Isidore de Péluse et saint Nil eurent maintes fois l'occasion de déplorer ce triste état de choses. Ce spectacle n'affligeait pas moins un religieux des grottes' de SaintrSabbas en Palestine, l'abbé Elias. « Aux jours de nos pères, disait-il, la pauvreté, la mansuétude et l'abstinence étaient pratiquées avec amour. Aujourd'hui l'avarice, l'amour-propre et la gourmandise régnent dans les monastères s. »
A travers l'exagération de ce langage, on sent la peine éprouvée par les véritables serviteurs de Dieu. Le groupe monastique de Scété, qui avait fourni tant d'hommes d'une sainteté éminente, subit plus que d'autres les conséquences de ces oublis du devoir. Quand l'abbé Moïse fut mort, avouaient les anciens, les frères ne