‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 183 sur 520 · Apophtegmata Patrum, P. G., LXV · texte numérisé non relu

Apophtegmata Patrum, P. G., LXV

firent plus aucun progrès dans la vertu i. Beaucoup cherchaient une vie commode. « Ne sommes-nous pas venus ici pour nous donner de la peine? disait un ancien. On ne s'en donne plus maintenant. Je m'en vais en un lieu où il me sera possible de pâtir 2. » Des témoignages nombreux révèlent cette décadence et prédisent les châtiments qui devaient la suivre. On n'eut pas longtemps à les attendre. Il sembla que la malédiction divine s'appesantit sur ce monastère, lorsqu'une invasion de Barbares le détruisit au milieu du V« siècle 3.

Le moine relâché, où qu'il fût, devenait pire qu'un séculier dépravé. 11 se croit bon, disait un Père, et il est pervers. Les hommes le prennent pour un serviteur de Dieu, et ce n'est qu'un misérable. Inutile de lui donner le moindre avertissement, il n'en accepte aucun. Au dernier jour, il sera traité beaucoup plus sévèrement que les mondains*. Ces paroles de l'abbé Danihel à Cassien étaient de nature à faire comprendre la gravité de cet état. Quand il y avait plusieurs mauvais moines dans une communauté, ils exerçaient toujours une influence dangereuse , dont souffraient principalement les jeunes frères. Saint julien eut beaucoup à se plaindre de leurs procédés s.

Saint Ephrem , son biographe, qui savait à quoi s'en tenir, ne perdait pas une occasion de prévenir les religieux fervents contre la contagion de leurs tristes exemples. On ne les rencontrait généralement qu'à l'état d'exception. Moins rares étaient ceux qui, par faiblesse, par oubli, ou même par malice, négligeaient plus ou moins souvent tel ou tel des devoirs- que leur imposait l'obéissance. Les supérieurs avaient des obligations vis-à-vis de ces deux catégories de moines. Aux uns et aux autres, ils devaient une peine pour les châtier, une correction pour les amender, un

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