S. Ephrem, Di sancto JuHano, op. gr., t. III
l'obéissance ET LA DISCIPLINE RÉGULIÈRE I99
secours pour leur épargner les rechutes. Pendant les premières années du monastère de Tabenne, saint Pakhôme eut quelques disciples dont la conduite laissait fort à désirer. Ses exhortations les trouvèrent insensibles. Il se mit à les, recommander au Seigneur dans ses prières, puis il leur imposa une règle spédale plus sévère que celle de la communauté, et capable de les protéger contre leur étourderie: Cette mesure produisit son effet. Comme ces religieux ne voulaient pas se convertir, cette austérité leur fit peur, et ils abandonnèrent Pakhôme pour se retirer on ne sait où. Le monastère, débarrassé de leur présence, trouva la paix et la prospérités
Un départ volontaire et l'expulsion étaient admis dans les communautés pakhomiennes, quand on avait affaire à des incorrigibles dont la conduite pouvait être un scandale permanent. 11 se faisait ainsi, après la profession, un triagç que l'absence de noviciat prolongé ne permettait pas d'opérer plus tôt. L'expulsion, que Tort trouve appliquée à des voleurs et à des impudiques, n'était jamais prononcée contre un moine sans un examen sérieux de sa vie et de son caractère. Seul le supérieur général avait le droit d'infliger ce châtiment. Pakhôme se déchargeait de cet office sur Théodore \ L'un et l'autre n'usaient de ce moyen qu'à la dernière extrémité. Le saint fondateur réprimanda vivement .un frère qui réclamait le départ de dix moines rebelles à ses enseignements .3
Souvent la seule menace d'une expulsion suffisait pour réveiller la torpeur d'un négligent. C'est ce qui arriva à Sylvain, le comédien devenu moine. Les vertus qu'il pratiqua dans la suite légitimèrent la patience dont Pakhôme avait usé à son égard *. Lorsque cette mesure avait été prononcée contre quelqu'un, on le dépouillait, avant de le chasser du monastère, de ses habits religieux et on lui rendait ceux qu'il avait portés dans le siècle s.
Saint Pakhôme n'usait de cette rigueur qu'avec les frères qui ne donnaient aucun espoir d'amendement. Les autres étaient de sa part l'objet d'une touchante compassion. Les coupables n'avaient