‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 185 sur 520 · Vie copte de Pakhôme · texte numérisé non relu

Vie copte de Pakhôme

4. Vita S. Pachomii, 66, 67, Acta Sanct. Maii, t. III,' 32 1-322, Paralipomena, i, 2, 4, ibid., 334,335-

5. Vie copte de Pakhôme, 193. Cassien, Instit., 1. iv, 51-55.

qu'à s'humilier et à reconnaître loyalement leurs fautes. Sa bonté ne l'empêchait pas cependant de leur infliger une punition capable de réparei- leur tort et d'inspirer à tous une crainte salutaire. Sa règle, détermine la plupart des pénitences usitées à Tabenne^. Les prieurs de «chaque maison les infligeaient à leurs subordonnés; la répression des fautes plus graves était réservée au supérieur du monastère ^

La détraction, la colère, la calomnie, le murmure, la désobéissance, la familiarité avec les enfants, le bavardage, la négligence des supérieurs, tels sont les principaux manquements prévus par ce code pénal monastique. La réprimande précédait toujours le châtiment. Le nombre de ces admonestations variait suivant la gravité de la faute. Tantôt il en fallait deux ou trois, tantôt cinq, six ou même davantage. Si elles restaient inefficaces, on séparait le délinquant de la comrnunauté durant plusieurs jours, ou même jusqu'à son entière correction. Il était condamné au pain et à l'eau tant que durait cfette excommunication. Si là faute le méritait, le coupable subissait sa peine hors du monastère; on pouvait même lui donner le fouet. On se bornait à mettre au dernier rang ceux qui avaient commis des fautes moins graves. Comme les enfants étaient incapables de comprendre le caractère d'une excommunication et d'en tirer profit, la règle leur réservait un châtiment plus sensible, celui des verges. L'intervention d'amis maladroits risquait de compromettre le succès de la correction:, surtout quand ils cherchaient à prendre la défense du délinquant. Ce zèle intempestif demandait une répression sévère .

La punition des fautes ou discipline régulière n'était pas négligée dans les groupes monastiques de la Thébaïde et de l'Egypte. Mais ces hommes, si austères envers eux-mêmes, usaient habituellement d'une miséricorde et d'une mansuétude qui causent de prime abord quelque surprise. Les disciples de l'abbé Romain étaientréunis autour de son lit de mort pour recevoir sa bénédiction et ses derniers conseils. Comment faut-il que nous soyons gouvernés, lui demandèrent-ils ? Le vieillard leur répondit : « je ne me souviens pas d'avoir donné à l'un d'entre vous un ordre quelconque, sans avoir préalablement résolu de ne point me mettre en colère, s'il ne s'y conformait pas. C'est ainsi que nous avons pu conserver

1. Prcecepta atqtie judicia P.N. Pachomii, Reg., 160-171, P. L., XXIII, 81-84.

2; S. Pakhôme, Reg., 133, ibid.

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