‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 186 sur 520 · Orsise, Doctrina, 24-25, P. G., XL · texte numérisé non relu

Orsise, Doctrina, 24-25, P. G., XL

l'obéissance et la discipline régulière 201

la paix'. L'abbé Sisoes avait une confiance illimitée dans la bonté de Dieu pour les pécheurs. Un frère vint le trouver et lui dire : « Abba, que faire? J'ai commis une faute. » Il lui répondit simplement : « Lève-toi.— Je me suis relevé, et je suis tombé une autre fois. — Relève-toi encore et continue de la sorte. — Jusques à quand? — Jusqu'à ce que la mort t'ait surpris soit dans la vertu, soit dans le péché". »

Des reproches sévères auraient eu moins d'effet que cette patience encourageante. Le saint homme n'était pas d'avis que l'on imposât aux coupables de trop longues pénitences. On lui demandait un jour : « Quand un frère est tombé, ne doit-il pas faire pénitence durant une année? — Ce langage est sévère, répondit-il. — Pendant six mois? — C'est beaucoup. — Quarante jours ?— C'est beaucoup encore. — Combien de te^mps donc? — 11 faut faire pénitence durant peu..de jours. Je crois que si cet homme fait pénitence du fond de son cœur. Dieu l'admettra au bout de trois jours \ » L'abbé Pîèmen recommandait surtout la prudence et le tact à ceux qui reprenaient les moines de leurs fautes. « Si un frère coupable, disait-il, nie son péché, né va point l'accabler de tes accusations, sans quoi tu dissipes toute la bonne volonté quMl pourrait avoir: Si, au contraire, tu lui dis : « Ne perds pas courage, mon «frère, mais veille désormais sur toi », tu l'encourages à faire pénitence*. » L'expérience lui avait appris que les hommes n'acceptent pas une réprimande à n'importe quel moment. Quand on les prend sur le fait, il est bon de se taire, surtout si la passion est pour quelque chose dans la faute qu'ils commettent. 11 fut un jour témoin d'une querelle entre moines. Les coups succédaient aux injures, et le sang coulait déjà. Il ne leur adressa pas le moindre reproche. C'eût été, au reste, parfaitement inutile s.

Un religieux prudent ne s'arrogeait pas la mission de punir ceux qui n'étaient point placés sous ses ordres. Il n'avait même pas à les juger. C'est le conseil que saint Pakhôme donnait à Macaire d'Alexandrie : « Est-il bon, demandait ce dernier, de corriger ceux qui n'observent point la règle ? — juge avec équité et châtie, répondit l'abbé de Tabenne, les moines qui te sont sou-

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