‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 191 sur 520 · Cassien, Covlat., 1. n. p · texte numérisé non relu

Cassien, Covlat., 1. n. p

OU qui s'était rendu coupable d'infractions analogues, était condamné à faire satisfaction dans l'oratoire, en se prosternant au milieu des frères pendant toute la durée de l'oifice ; le signal de se lever que lui donnait l'abbé était le symbole de son pardon. Les fautes plus graves attiraient le châtiment des verges i. Quelques supérieurs se montraient plus expéditifs dans la répression. Un abbé Paul, du voisinage de Diolcos, reçut chez lui plusieurs solitaires. Ils prenaient leurs repas en commun. Le frère chargé de les servir porta un mets trop tard. Paul, dans le but de l'éprouver, lui donna une giffle si bien appliquée qu'elle retentit dans toute l'assemblée. Le moine supporta cette humiliation avec tant de patience que son visage ne trahit, en rougissant, aucune émotion de sa part *.

Quelques-uns, pour soumettre des religieux à une forte épreuve, leur infligeaient une pénitence excessive ; il y en eut qui les accusaient de fautes dont ils n'étaient point coupables. Le vrai moine devait accepter en silence ces traitements immérités et ces accusations injustes : « Ne t'émeus point, écrit à ce sujet l'abbé Isaïe, mais donne des marques de repentir en disant : Pardonnez-moi, je ne recommencerai plus. » Le moine n'avait pas un moyen plus efficace d'accroître dans son cœur l'amour de la piété ^

Les manquements à la règle et les désobéissances graves rendaient un moine indigne dé la société de ses frères. Le coupable était séparé d'eux pendant les prières communes. Nul ne pouvait s'entretenir ou prier avec lui. Quand arrivait le terme de sa pénitence, il entrait dans, l'oratoire, se prosternait et recevait de l'abbé la permission de se joindre à la communauté*. Cassien n'est pas le seul qui parle de l'excommunication. On la retrouve dans la plupart des documents où sont exposés les usages monastiques des moines égyptiens.

Sainte Paule, dans son monastère de Bethléem, prenait tous les moyens en son pouvoir pour maintenir la fidélité à la règle et la pratique de l'obéissance. Aucune faute ne restait sans être punie. La pieuse abbesse modifiait le châtiment et sa manière d'agir suivant le caractère et les besoins de chacune de ses filles. Quand les admonestations ne suffisaient plus, elle mettait la coiipable au

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