S. Cassien, Inst
l'obéissance ET LA DISCIPLINE RÉGULIÈRE 207
dernier rang. Ce moyen épuisé, elle recourait à l'excommunication. La sœur qui subissait cette peine se tenait à la porte de l'oratoire pendant les prières communes, et elle mangeait seule i*
Saint Basile, comme on devait s'y attendre, fait la part très large dans ses Règles au devoir de châtier qui incombe aux supérieurs, en insistant plus volontiers sur les qualités qu'ils ont à déployer dans l'accomplissement de cette partie, la plus délicate de leur tâche. Le premier venu, déclarent les Grandes Règles, ne doit pas s'attribuer la mission de corriger les coupables. N'est pas, en effet, médecin qui veut; ne sait pas, non plus, châtier, qui le désire. C'est une obligation dont les supérieurs s'acquittent personnellement ou par des religieux expérimentés ^ Ils ne doivent jamais reprendre sous l'influence d'une passion. Celui qui céderait, en réprimandant, à un mouvement d'indignation ou de colère, se chargerait d'une faute^ au lieu de délivrer l'âme d'un religieux coupable. Que la miséricorde et la douceur tempèrent si bien son langage et ses sentiments, qu'il soit manifeste, aux yeux de tous, que, s'il hait le péché, il aime le pécheur. Les médecins lui peuvent servir de modèle. Jarriais on ne les voit s'irriter contre le malade, pendant qu'ils combattent la maladie. La mansuétude n'exclut pas la vigueur toutes les fois qu'il est nécessaire de l'employer 3. Les encouragements sont plus efficaces que les réprimandes sévères pour guérir la torpeur spirituelle, qui expose l'âme à négliger l'accomplissement de ses devoirs*.
Le vice qui domine un frère, son tempérament, les dispositions dans lesquelles il se trouve, sont autant d'éléments qui méritent d'être pris en considération pour discerner le traitement que son état- moral demande. Le coupable doit toujours envisager celui qui le punit comme son bienfaiteur. C'est ainsi que l'infirme considère le médecin. En serait-il autrement dans les maladies spirituelles du pécheur^?