Ibid
Les qualités du pécheur mettent entre des manquements identiques une différence dont il faut savoir tenir compte i. Les hommes pieux et fervents qui, par une permission divine, commettent une faute humiliante pour eux, ne sauraient pas être traités de la même manière que les hommes négligents qui pèchent par habitude''. Un moine âgé ne peut être repris comme un jeune reli^ gieux. La correction des enfants exige une grande prudence. Voilà pourquoi saint Basile, tout en réservant à ceux qui dirigent leur travail le soin de les. reprendre des fautes qui se rapportent au travail lui-même, veut que leurs infractions à la discipline, même commises en présence de leurs maîtres, soient punies par le religieux préposé à leur conduite générale \
Aucune violation de la règle ou de l'obéissance ne peut rester sans son juste châtiment. Toutes, petites et grandes, sont une une injure faite au Seigneur; elles demandent une répression. Car Dieu les jugera avec une extrême rigueur*.
Lorsque l'hégoumène est informé qu'un moine a commis une faute, il commence par lui appliquer un premier remède, en lui adressant des reproches et des exhortations privées. Il lui fait une réprimande publique, s'il ne se donne aucune peine pour améliorer sa conduite 5. Le supérieur a besoin de la tendresse d'un père, du dévouement et de l'habileté du médecin. Car il lui faut s'ingénier pour rendre la santé morale à un cœur infirme, et pour lui épargner dans la mesure du possible les traitements douloureux s. . Saint Basile lui propose l'exemple du prophète qui contraignit David à prononcer lui-même sa sentence, ce qui le mit dans l'impossibilité de reculer devant la juste punition de sa faute '^.
Le moine qui a eu le malheur de violer la règle, ou l'obéissance fera bien d'aller lui-même avouer sa faute à l'hégoumène, avec la sincérité du malade qui manifeste son mal au .médecin s. S'il la cache, ceux qui en ont eu connaissance la révéleront au supérieur, à moins qu'ils ne puissent eux-mêmes guérir le coupable 9.
I.- Saint Basile, Reg. brev. tract., int. %\, ibid., 1 139. 3. Ibid.