Ibid
5. S. Basile, Reg.fus. tract., Int. 5, P. G., XXXI, 9 19-924.
l'enseignement ascétique 2 1 5
combats spirituels. Les maximes des Ecritures, les épisodes qu'elles racontent, l'expérience des anciens, la connaissance du cœur humain et des conditions au milieu desquelles s'écoulait la vie des moines, leur fournissaient les éléments dont ils avaient besoin pour établir sur une base inébranlable ce que l'abbé Nesteros appelait la science pratique de la vie religieuse. Cette science a pour but la correction des mœurs, la victoire remportée sur les vices et l'acquisition des vertus; elle est le prélude 'de la science théorique, qui consiste dans la contemplation des choses divines et dans la connaissance des pensées très saintes que renferment les Ecritures 1.
Les solitaires, ce qui précède le montre suffisamment, portaient avec eux la tentation jusqu'au fond des déserts les plus reculés. Pas Un ermite, si retiré fût-il, qui ignorât ses assauts. Aussi l'ascèse ou lutte spirituelle joua-t-elle partout et toujours un rôle important dans la vie et dans la formation religieuses 2. Ces combats demandaient un courage à toute épreuve. Or le moine le plus intrépide ne pouvait compter sur lui-même; car ses efforts n'auraient jamais suffi pour lui assurer • la victoire. 11 avait surtout besoin de l'assistance divine. Une prière humble et confiante était seule capable de la lui obtenir. « Prosterne-toi devant le Seigneur, disait à ce sujet Tabbé Isaïe, et fais-lui cette prière : Venez à mon aide, Seigneur, car je suis faible et'incapable de soutenir une pareille lutte. Il te donnera son assistance, si ta demande vient d'un cœur droit. Si tu viens à remporter la victoire, .ne f enorgueillis point. Ne mets jamais ta confiance en toi-même. Mais prends garde, car l'ennemi te prépare une nouvelle attaque plus dangereuse que la précédente 3.»
La ferveur du moine au service de Dieu maintenait son âme en éveil, le prémunissait contre toutes les surprises et développait en lui la bravoure et l'énergie ; souvent même elle pouvait à elle seule éloigner les tentations ou les réduire à l'impuissance. Les anciens, pour exprimer cette pensée avec plus de force, se servaient de la