Tillemont, t. VII
1 1. S. Jérôme, eji. 82, ad Theophilum. P. L., XXII, 740. Tillemont, X, 489.
TOPOGRAPHIE MONASTIQUE l)
nous rencontrons un monastère auprès de Tyr *. Ce n'était pas le seul, évidemment. Mais ici comme ailleurs, il faut se contenter de quelques-uns des rares noms tombés de la plume des écrivains de cette époque. Certains pays sont moins bien partagés encore.
Saint Hilarion, qui fut le grand propagateur de la vie monastique en Palestine, l'introduisit dans l'île de Cypre. Saint Epiphane, après son élévation sur le siège épiscopal de Salamine, qui en était la métropole, semble avoir fait de sa demeure un véritable monastère ^ L'attachement qu'il témoignait aux religieux les attirait de tous les côtés dans l'île, où ils établirent diverses maisons 3.
Le monachisme fit de bonne heure son entrée en Syrie. La ville d'Antioche compta, pour sa part, un grand nombre de moines. Les uns menaient la vie des ascètes, sans quitter leur maison; d'autres habitaient les monastères qui s'élevaient dans l'intérieur de la cité. Mais la plupart se réfugiaient sur les montagnes voisines. C'est là que saint Jean Chrysostome passa quelques-unes des années les plus heureuses de son existence. Il parlait souvent, et avec un enthousiasme communicatif, de ces hommes qui, ayant abandonné la ville pour s'enfuir sur les montagnes^, pratiquent une philosophie sublime. C'étaient, à ses yeux, des chœurs' d'anges revêtus d'un corps humain s. Ces peuples de moines faisaient des lieux élevés, où ils fixaient leur séjour, les cités de la vertu et les tabernacles dés saints 6. Leurs cellules couvraient les hauteurs qui encadrent la belle et riche vallée del'Oronte. Théodoret les compare à une prairie émaillèe de fleurs célestes '7. Pierre le Galate, Pierre, l'Egyptien, Romain, Sévère, Eutychios, furent les plus célèbres de leurs habitants «. Siméon l'ancien établit un monastère sur les
i.B. Zosimus, Alloquia, x. P. G., LXXVIII, 1694.